CAAAQ : La commercialisation, défi majeur du secteur agroalimentaire québécois

Québec (Québec), 29 août 2007 – Le message des transformateurs alimentaires québécois aux audiences de la CAAAQ est sans équivoque. La croissance du secteur de l’agroalimentaire québécois dépendra en grande partie de sa capacité à développer ses marchés et à accroître ses compétences en commercialisation. « Sans un renforcement majeur et orchestré du support à lacommercialisation, soutient l’Alliance de la transformation alimentaire(ALTA), l’accès des produits québécois aux marchés domestique et internationalsera compromis. Et nous en subirons tous les conséquences. »

Un marché domestique à courtiser
Depuis les dernières années, le secteur de la transformation alimentaireest aux prises avec des mutations profondes, qui ont toutes comme conséquenced’exercer une pression énorme sur le prix des produits transformés au Québecet de rendre difficile leur accès aux tablettes de nos magasins.Favoriser avant tout l’achat de nos produits
Sur le plan intérieur, la concentration des distributeurs québécois,l’une des plus fortes au monde, et les pratiques commerciales de ces derniers,rendent en effet plus étanche l’accès du marché aux produits québécois. Dansce contexte, il ressort deux besoins évidents: celui de renforcer lepositionnement des marques nationales auprès des consommateurs et desdistributeurs, pour en stimuler la consommation et en favoriser ladistribution, notamment dans les grandes surfaces; et celui, non moinsdécisif, de susciter le contenu en produits québécois des marques privées,c’est-à-dire les marques des distributeurs. Par ailleurs, le secteur deshôtels, des restaurants et des institutions (HRI) doit devenir un marché deprédilection pour les petits et moyens transformateurs.

Or, ces trois cibles que sont les consommateurs, les distributeurs et lesHRI ne pourront être atteintes que si les transformateurs québécois, surtoutles PME, ont accès aux outils de promotion appropriés. Dans ce contexte,l’ALTA déplore l’insuffisance et le manque de récurrence du financementd’Aliments Québec, qui demeure la principale source du positionnement desproduits québécois auprès des consommateurs. L’ALTA demande par ailleurs qu’unnouveau programme de marketing, de grande envergure, soit initié pourrenforcer la notoriété des produits québécois.

Selon L’ALTA, tous les acteurs du secteur de l’agroalimentaire devraientparticiper à cette promotion des produits québécois. Au total, ce sont quelque12 à 15 M $ qui seront requis pour cette mobilisation promotionnelle; lefinancement devrait être conjoint et provenir à part égales des fédérations deproducteurs, des transformateurs et du gouvernement provincial.

Attention aux produits importés non conformesLes membres de l’ALTA sont favorables aux règles du marché libre et sontprêts à faire face à la concurrence qui en découle. Toutefois, les produitsimportés disponibles sur nos tablettes ne respectent souvent pas les mêmesrègles de salubrité et d’étiquetage que les produits québécois. Dans ce cas,ces produits importés peuvent comporter deux inconvénients majeurs. D’abord,ils représentent un risque accru pour la santé publique. De plus, ils peuventêtre source d’une concurrence non équitable; en effet, comme leur productionn’a pas à répondre aux mêmes charges normatives, ils peuvent être vendus àmeilleur prix. L’ALTA demande ainsi que les gouvernements prennent les mesuresrequises pour empêcher l’entrée sur le marché québécois de produitsnon-conformes aux exigences et standards québécois et canadiens.

Un marché d’exportation à conquérir et à diversifier
Les marchés d’exportation sont présentement peu diversifiés et,comparativement à d’autres contrées, le Québec a une capacité concurrentielled’exportation plus faible. Même s’il faut protéger le marché largementdominant des Etats-Unis, qui représente une forte demande, l’ALTA croit qu’ilfaudrait également cibler les marchés identifiés par le programmeQuébec-Export du MAPAQ. Pour ce, estime l’ALTA, les gouvernements devraientrenforcer et rendre récurrente l’aide pour soutenir le succès des produitsquébécois à l’étranger. La tendance actuelle va pourtant dans le senscontraire.

Par ailleurs, soutient l’ALTA, compte tenu de l’excellente réputation desproduits québécois sur les marchés étrangers, notamment celle de produits àvaleur ajoutée (biologique, terroir, produits ethniques, etc.), il importe deconsidérer une réallocation des fonds de la promotion pour favoriser lesproduits non-génériques (marques nationales) plutôt que les produits decommodité.

Pour conclure, l’ALTA est d’avis que les marchés intérieur et extérieuroffrent de belles possibilités de croissance, qu’il nous faut exploiter,surtout dans le contexte de mondialisation qui s’annonce. Il faut toutefoisidentifier les bonnes cibles et surtout investir les ressources requises.Puisque cet effort de mise en en marché est l’affaire de l’ensemble desacteurs du secteur, l’ALTA lance un appel à tous, producteurs,transformateurs, distributeurs et gouvernements. Il est urgent d’agir, lasanté de l’ensemble du secteur agroalimentaire en dépend.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

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