Chenilles contre pneus

Le match « chenilles contre pneus » fait de plus en plus jaser. Au Québec, nos printemps et nos automnes sont souvent très humides, laissant nos sols vulnérables à la compaction. Côté traction et flottaison, les chenilles l’emportent haut la main. Côté compaction, le match est beaucoup plus serré.

PHOTO : André Dumont

Si on choisit au hasard un tracteur sur pneus et qu’on compare sa compaction avec celle d’un tracteur semblable sur chenilles, lequel a de meilleures chances de l’emporter? Celui sur chenilles! La raison est simple : en Amérique du Nord, la plupart des tracteurs sont mal chaussés. S’ils étaient équipés de bons pneus gonflés à la bonne pression, leur performance serait au moins équivalente à celle des chenilles.

Chef de produit chez le fabricant Soucy Track, l’ingénieur junior Nicolas Dubuc le reconnaît d’emblée : sur un tracteur ou une moissonneuse-batteuse, des pneus jumelés bien choisis et ajustés peuvent offrir le même support que des chenilles pour une pression au sol équivalente.

Par contre, les chenilles feront une empreinte moins large. « Est-ce qu’on concentre notre compaction au même endroit avec une chenille ou on la répartit sur deux rangs avec une roue double? C’est au producteur de faire le choix », affirme Nicolas Dubuc.

Comme les pneus, les chenilles peuvent faire partie d’un système de gestion contrôlée de la compaction (Controlled Traffic Farming). À l’aide du GPS et de l’autoguidage, on circule toujours sur les mêmes entrerangs avec des chenilles de 24 po de largeur. On « sacrifie » 8 % à 10 % de la surface à la compaction, mais le reste n’est jamais piétiné.

Avec des roues doubles, la surface piétinée sera plus large et il faudra tenir compte de l’effet pinch row. Le rang entre les deux roues se retrouve « pincé » et la compaction qu’il subit nuira au rendement de la culture.

La suite : flotter et compacter

 

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