Chirac veut une vraie concertation entre agriculteurs et État

Paris (France), 24 février 2002 – Jacques Chirac se prononce pour une « vraie concertation » entre agriculteurs et pouvoirs publics, afin de définir des « réponses » adaptées à la crise française dans le cadre de la Politique agricole commune (Pac).

Le président-candidat, qui a inauguré dimanche matin le 39e Salon international de l’agriculture, a ouvert la voie aux autres prétendants à l’Elysée lors d’une visite-marathon de plus de cinq heures dans cette « ferme » de 140.000 m2 plantée à la périphérie de Paris jusqu’au 3 mars.

Le ministre de l’Agriculture, qui accompagne traditionnellement le chef de l’Etat dans cet exercice rituel, était exceptionnellement absent, échéances électorales obligent.

Jean Glavany, directeur de campagne de Lionel Jospin, devrait céder sous peu son portefeuille au secrétaire d’Etat aux PME, au Commerce et à l’Artisanat, François Patriat. Il a préféré visiter le Salon lundi matin en compagnie de Lionel Jospin, investi dimanche candidat du Parti socialiste.

« C’est mesquin, c’est petit. Il aurait pu au moins accueillir le chef de l’Etat, c’est contraire à la tradition républicaine », a déploré le député-maire RPR de Provins Christian Jacob, membre de l’équipe de campagne de Jacques Chirac et ancien président du CNJA.

Si ce n’est cette pique toute électorale, la visite du chef de l’Etat fut exempte de polémique, conformément aux voeux du candidat.

Candidat ou président, les repères se brouillaient toutefois dimanche dans l’atmosphère gentiment festive et désordonnée du Salon, où Jacques Chirac a été applaudi à plusieurs reprises par des jeunes militants RPR mais aussi des badauds, avides d’obtenir un autographe ou une photo-souvenir avec le président de la République.

Comme à son habitude, le chef de l’Etat a sacrifié de bonne grâce à l’exercice, qui avait cette année un air de « campagne à Paris »: les bains de foule, difficilement canalisés par un imposant service d’ordre, étaient plus longs qu’à l’accoutumée et les cadeaux qu’engrangent les gardes du corps dans des sacs à dos étaient accompagnés de voeux de réussite.

« Vas-y Jacques ! »

Ainsi cette pomme Granny Smith, fruit symbole de la campagne chiraquienne de 1995, sur laquelle des producteurs avaient inscrit « Vas-y Jacques! ».

Jacques Chirac était de fait en terre amie, les suffrages du monde rural se portant majoritairement à droite.

« On sent un peu de campagne », reconnaissait Luc Guyau.

L’ancien président de la FNSEA a accompagné le président tout au long de la visite, aux côtés de son successeur Jean-Michel Lemétayer, Jean-Luc Duval, président du mouvement des Jeunes agriculteurs, ou encore Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine (FNB) et président de la Chambre d’agriculture de Corrèze.

Jacques Chirac s’est attardé sur le stand de la FNSEA, où il a réitéré son hostilité à une révision de la Politique agricole commune (Pac) avant l’échéance de 2006 fixée par les Accords de Berlin.

Quelques élus de droite ont opportunément manifesté leur soutien au président-candidat au fil des stands: à l’espace bourguignon, il a reçu les encouragements de l’ancien ministre RPR Dominique Perben, maire de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et du président DL du Conseil régional de Bourgogne, Jean-Pierre Soisson.

On remarquait également Josselin de Rohan, président du groupe RPR au Sénat, et Henri de Raincourt, président du groupe RI au Sénat.

Aux éleveurs et producteurs qui lui confiaient leurs problèmes, Jacques Chirac a martelé le même message, comme un augure électoral: « Il faut garder espoir en l’avenir ».

Devant les caméras, le président-candidat a réaffirmé le nécessité de « respect, soutenir notre agriculture », « une richesse nationale ».

Evoquant les difficultés de la filière bovine, il a souhaité des réponses immédiates « au niveau des revenus pour permettre à l’ensemble de la filière de vivre et de retrouver l’espoir ».

Pour le long terme, Jacques Chirac souhaite « une vraie concertation entre la profession et les pouvoirs publics ».

« Il faut avoir une politique nationale qui assure la promotion d’une agriculture qui apporte une réponse aux Français et notamment à leurs inquiétudes dans le domaine de la sécurité alimentaire, mais aussi dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement et de l’aménagement de l’espace rural », a-t-il souligné, prenant soin d’intégrer les enjeux écologiques dans son discours de candidat.

Source : Reuters

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