CNH va devoir accentuer ses mesures de restructuration

Milan (Italie), 11 décembre 2001 – Fiat a choisi une thérapie choc à l’américaine pour surmonter la crise qui touche actuellement le monde de l’automobile et plus généralement l’industrie mécanique, coeur de l’activité du groupe industriel turinois.

Le plus prestigieux des groupes italiens a dévoilé lundi soir un plan surprise comportant la fermeture ou restructuration de 18 sites industriels dans le monde et la réduction de 6000 du nombre de ses employés hors d’Italie.

Groupe industriel de plus en plus diversifié dans les services, mais dont l’activité centrale reste l’auto, Fiat a édicté les grandes lignes d’un plan de redressement à mettre en place dans les premiers mois de l’année prochaine. Ce programme reprend et amplifie, au passage, nombre de mesures déjà annoncées durant l’automne.

La réorganisation de la première de ses filiales, Fiat Auto, en apparaît comme la pierre d’angle. Depuis plusieurs années, cette branche qui réalise actuellement entre 40 et 45% du chiffre d’affaires du groupe, peine à dégager des bénéfices.

Au troisième trimestre 2001, Fiat Auto avait réalisé une perte d’exploitation de 120 millions d’euros, aggravée par rapport à la perte de 91 M€affiché 12 mois plus tôt.

Le groupe avait déjà cherché à redresser la barre en scellant au début de l’année passée une alliance industrielle avec le géant américain General Motors (GM). Ce partenariat qui a vu l’entrée de GM à hauteur de 20% dans le capital de Fiat Auto, se porte bien, d’après Fiat, et apporte des « synergies » supérieures aux attentes (plus de 230 M€pour 2001).

Mais le ralentissement général de la demande qui a suivi les attentats du 11 septembre, la politique commerciale agressive de la concurrence et la brusque détérioration en Amérique latine où le groupe est très implanté, oblige aujourd’hui à un travail de restructuration en profondeur.

Après avoir déjà annoncé à l’automne des mesures d’urgence avec réduction importante des rythmes de production et mesures de chômage partiel, le groupe a décidé de réformer la structure même de cette branche malade.

La présence en Argentine sera limitée au strict minimum en réponse à la crise argentine. En Europe, Fiat Auto va également réduire la voilure pour s’adapter au fléchissement de la demande.

La filiale sera réorganisée en quatre branches plus autonomes, dans le but d’une meilleure efficacité interne, et les trois grandes marques seront plus strictement focalisées sur leur marché respectif: grand public pour Fiat, haut de gamme pour Lancia et sportif pour Alfa Romeo.

Face à une réorganisation qui sonne comme un désaveu, Roberto Testore, administrateur délégué de Fiat Auto a préféré tirer sa révérence et laisser la place à Giancarlo Boschetti, jusqu’à présent patron d’Iveco, branche poids lourds et utilitaires du groupe.

Fiat Auto n’est pas la seule unité concernée par ce plan: la filiale américaine CNH, spécialisée dans les machines agricoles et engins de terrassement, va devoir accentuer ses mesures de restructuration.

La société née en 1999 de la fusion de la filiale de Fiat, New Holland, et de l’américain Case, ne cesse d’accumuler les pertes face à une demande plus qu’hésitante pour le matériel agricole.

Le nombre d’usines de CNH sera réduit à 36 contre 60 sites à l’origine au moment de la naissance. Iveco, troisième grande branche industrielle du groupe et souvent perçu chez Fiat comme bon élève, sort relativement épargné de la cure, même s’il devra transférer l’ensemble de sa production argentine au Brésil.

Ce plan ajouté à un programme de cessions dont Fiat espère récolter 2 milliards d’euros en 2002, constitue une « réponse forte » pour « affronter avec plus de sécurité le scénario difficile qui se profile pour 2002 », assure le groupe.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Case Corporation

http://www.casecorp.com/

CNH Global

http://www.cnh.com

New Holland

http://www.newholland.com/na/

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