Comment prédire un foyer d’infection

Ottawa (Ontario), 4 juin 2003 – L’agriculture serait moins dure pour l’environnement et plus simple pour les producteurs si ceux-ci connaissaient le nombre de ravageurs qui attaquent les cultures et savaient quand pulvériser de l’insecticide.

Le secteur de la recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada prend des mesures en ce sens grâce à la mise au point d’un logiciel qui permet de déterminer la probabilité de pullulation de ravageurs.

Le CIPRA, ou Centre informatique de prévision des ravageurs en agriculture, est un logiciel facile à utiliser qui peut prédire le développement d’insectes et de maladies pour une série de cultures, à partir de données climatiques. Le programme coûte 350 dollars et comprend un certain nombre d’applications pour des cultures horticoles.

À Charlottetown, Île-du-Prince-Édouard, une équipe de chercheurs d’AAC sous la direction de Kevin Sanderson s’affaire à évaluer la technologie nécessaire pour mesurer l’efficacité du CIPRA sur la moisissure Cercospora, une maladie courante des carottes touchant l’industrie des carottes fraîches en emballage de l’Île et l’industrie de la transformation des carottes de la Nouvelle-Écosse.

« Le logiciel est fondé sur les données climatiques fournies par Environnement Canada », a déclaré le Dr Sandersen, du Centre de recherches sur les cultures et les bestiaux d’AAC. Le CIPRA suit les conditions climatiques en temps réel et indique quand la maladie peut survenir. Après avoir entré les données climatiques pertinentes, on obtient après quelques clics de souris les renseignements graphiques sur la maladie. »

Selon le Dr Sandersen, le producteur utilise les graphiques produits par le CIPRA pour prendre une décision sur le meilleur moment pour appliquer les pesticides. Le CIPRA détecte les périodes critiques d’infection par maladie et réduit au maximum le nombre d’applications de pesticides, ce qui laisse aux producteurs jusqu’à cinq jours pour réagir.

Ce logiciel simplifie le processus de prévision des maladies et entraîne des économies pour des producteurs comme Brookfield Gardens Ltd., l’un des principaux producteurs de carottes de l’Île-du-Prince-Édouard, une entreprise exploitée par les frères Dykerman. Après trois ans d’essai, les frères Dykerman signalent que le CIPRA a permis de réduire les applications de pesticides de 70 pour cent, ce qui représente d’énormes économies tant sur le plan financier qu’environnemental.

Le logiciel, qui est appuyé par une évaluation sur le terrain de la maladie, cible les applications uniquement lorsqu’elles sont nécessaires. Et c’est là qu’il est possible de réaliser des économies. S’il en coûte 15 dollars l’acre par pulvérisation, le producteur de carottes pourrait épargner 2 000 dollars chaque fois qu’il ne pulvérise pas pour éliminer la moisissure Cercospora.

La majorité des agriculteurs de l’Île-du-Prince-Édouard ont recours à des dépisteurs en cultures pour contrôler les maladies mais, grâce au CIPRA, le temps passé par les dépisteurs au champ est réduit, ce qui diminue encore une fois les coûts des intrants.

Le suivi des conditions climatiques quotidiennes à l’aide du CIPRA permet aux producteurs d’être alertés des maladies éventuelles. Les résultats sont précis et fiables. Les producteurs et les dépisteurs de cultures peuvent ensuite procéder à des inspections des cultures pour corroborer les données du CIPRA et prendre des décisions opportunes sur les stratégies de lutte antiparasitaire.

Pour vérifier l’efficacité du CIPRA, les lots où aucun fongicide n’a été appliqué sont comparés aux lots où l’on a appliqué des méthodes traditionnelles et aux lots où les applications sont fondées sur les données du CIPRA. Les producteurs appliquaient habituellement entre cinq et sept pulvérisations par saison pour lutter contre la moisissure Cercospora.

AAC reconnaît que la viabilité et la rentabilité de l’agriculture à long terme repose sur des méthodes favorisant un environnement durable. Pour accroître les profits et entretenir un lien important avec les consommateurs de plus en plus sensibles à l’environnement, le Cadre stratégique pour l’agriculture national encourage les agriculteurs canadiens à continuer de recourir à des méthodes respectueuses de l’environnement.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Commentaires