Condamné à la prison ferme, José Bové se pourvoit en cassation

Montpellier (France), 20 décembre 2001 – José Bové, leader de la Confédération paysanne, a été condamné par la cour d’appel de Montpellier à six mois de prison ferme pour la destruction de plants de riz transgénique en 1999.

Ses deux coprévenus, René Riesel et Dominique Soullié, ont été respectivement condamnés à six mois fermes et six mois avec sursis. Après le jugement, les trois prévenus ont déposé en fin d’après-midi un pourvoi en cassation, ce qui suspend l’exécution de la peine.

Le 5 juin 1999, les militants anti-OGM avaient saccagé des plants de riz transgénique dans les laboratoires montpelliérains du Centre international en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Au cours de l’audience en appel, le procureur Michel Legrand avait requis à l’encontre de José Bové une peine de 8 mois de prison ferme, la plus lourde peine jamais demandée contre le leader syndicaliste agricole.

Le procureur avait requis une peine de six mois de prison ferme contre René Riesel et une peine « plus atténuée » contre Dominique Soullié.

« Je m’attendais à une peine très sévère, c’est vrai, et je l’avais même annoncé. Mais, de là à prononcer six mois de prison ferme, franchement, je suis surpris. Dans le mauvais sens bien évidemment! », a déclaré José Bové à l’issue de la lecture de l’arrêt.

« Le pourvoi (…) va écarter mon chemin de celui de la prison encore un peu de temps », a ajouté le leader agricole. « Mais je le répète, je n’ai pas peur de la prison. Je n’en ai jamais eu peur ».

« Le combat va se poursuivre »

Il a assuré qu’il restait déterminé, en dépit de ses multiples condamnations, à poursuivre le combat contre la mondialisation.

« Nous sommes de plus en plus certains de la légitimité de notre action. C’est pour cela d’ailleurs que le combat va se poursuivre, se développer même, dans les mois à venir. En France, mais aussi partout dans le monde », a estimé José Bové.

La cour de Montpellier a également condamné José Bové et René Riesel à 50 000 francs d’amende chacun, plus un franc de dommages et intérêts en faveur du laboratoire plaignant.

Dominique Soullié a été condamné de son côté à 25 000 francs d’amende.

A la lecture de l’arrêt, les parties civiles se sont pour leur part déclarées satisfaites.

« La justice a fait preuve de cohérence aujourd’hui », a expliqué le directeur général du Cirad, Bernard Bachelier.

« Dans son arrêt, la cour a tenu à préciser que les trois prévenus avaient été jugés coupables d’entraves à la recherche et à ses travaux, ce qui est très important pour nous. Quand aux peines prononcées, j’espère qu’elles seront dissuasives. C’est pour cela, de toute façon, que nous avions intenté cette action ».

Alors que des sympathisants de José Bové avaient perturbé l’audience, la lecture de l’arrêt n’a donné lieu à aucun incident devant le palais de justice où des manifestants ont commencé à se disperser dans le calme vers 16h15 en compagnie de leurs leaders.

Source : Reuters

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