Congrès de l’UPA : « On a des solutions, mais les gouvernements nous font attendre »

Québec (Québec), 2 décembre 2008 – « Des solutions pour parer à la crise économique, nos gouvernements en cherchent par les temps qui courent. Nous, les producteurs agricoles et forestiers, on leur en propose et, malgré cela, tant au fédéral qu’au provincial, on trouve le moyen de nous faire attendre! »

Voilà une des situations que le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse, a dénoncé lors de son discours annuel prononcé au congrès général de l’UPA, qui se tient à Québec jusqu’au jeudi 4 décembre inclusivement.

Le président de l’UPA a notamment cité le cas de l’abattoir Levinoff Colbex. Les producteurs ont assumé leurs responsabilités dans ce dossier, a-t-il rappelé, en injectant 36 M$ à ce jour, notamment sur la foi des engagements pris par les gouvernements, à l’origine, il y a trois ans déjà. « On attend toujours la part du fédéral, de déplorer Christian Lacasse. Du côté provincial, la conversion du prêt de 19 M$ sous forme de la subvention annoncée à l’origine n’a toujours pas eu lieu ! »

Ce soutien est nécessaire pour étayer la structure de financement de l’abattoir. D’autant plus que Levinoff Colbex est une entreprise efficace et bien gérée, qui affiche une performance technique supérieure à la moyenne et dispose d’une expertise de premier plan dans la mise marché de la viande. Qui plus est, c’est la dernière structure d’abattage du genre dans l’est du pays depuis la fermeture d’une autre installation comparable en Ontario le printemps dernier. La soutenir équivaut donc à soutenir la relance du secteur de l’abattage dans tout l’est du pays.

Christian Lacasse a également appelé le gouvernement provincial à venir en aide aux producteurs de bois de la forêt privée, qui ont encaissé des pertes de revenu de 60 % depuis le début de la crise forestière il y a quelque trois ans. « Ce sont de grands oubliés jusqu’ici. Malgré des demandes répétées, les producteurs de bois attendent encore! C’est d’autant plus frustrant dans leur cas que leurs revendications ne sont pas exagérées et sont surtout loin d’être comparables aux appétits des grands de l’industrie forestière. »

Autre dossier provincial où les agriculteurs doivent aiguiser leur patience – et non le moindre – c’est celui de la redéfinition des modes d’intervention de la sécurité du revenu et de la convention de La Financière agricole du Québec. « On est toujours dans le flou à quatre mois de l’échéance et on vient tout juste d’obtenir l’engagement d’associer formellement les producteurs à ce processus dans un comité bipartite. Ce dernier doit se mettre en marche au plus pressant! ».

Le président de l’UPA a également rappelé les autorités fédérales à leurs devoirs en matière de sécurité du revenu en agriculture. L’enveloppe dévolue au nouveau programme d’aide Agriflex n’est toujours pas connue et les chiffres avancés à ce jour laissent entrevoir un fossé déjà profond entre les crédits éventuellement assignés à ce programme et les besoins des producteurs. « Là encore, on est dans les limbes, de plaider Christian Lacasse. On ne propose pas de faire un déficit structurel, on suggère de faire un investissement dans un des secteurs qui participent le plus activement à la vitalité de nos économies régionales ».

Dans la même foulée, il a par ailleurs exhorté Ottawa à faire preuve de beaucoup plus de mordant sur l’étiquetage de la provenance des produits, une façon d’encourager l’achat des produits locaux et de stimuler l’économie québécoise et canadienne. « Avoir instauré une directive qui compte sur la seule bonne volonté des fabricants, ce n’est pas suffisant, loin de là! La seule façon de garantir aux consommateurs un choix sûr et éclairé, qui leur permettrait notamment d’acheter davantage chez nous, c’est au moyen d’une réglementation qu’on va y parvenir. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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