Congrès national de l’Union paysanne : On s’attaque au monopole syndical

Saint-Germain-de-Kamouraska (Québec), 22 novembre 2002 – L’Union paysanne sort de son 2ème congrès national plus unie et plus forte. Tel que l’indiquait le thème du congrès « Des paysans libres » elle s’est engagée à défendre énergiquement les fermiers paysans menacés par l’agriculture industrielle et emprisonnés dans le monopole de l’UPA.

Toutes les régions du Québec étaient représentées dans les 250 participants à ce congrès. La présence accrue de producteurs et de représentants expérimentés a donné lieu à des débats d’une rare qualité. Les blessures de l’été dernier sont choses du passé et n’ont même pas été évoquées. Le mouvement a mûri. Les délégués maîtrisent mieux la structure démocratique du mouvement, qui n’a pas subi de modification importante, et ont manifesté une solidarité et une compréhension sans équivoque à l’égard de leurs instances élues.

La participation de Richard Desjardins, d’un des hauts dirigeants de la Confédération paysanne française et de représentants de plusieurs organismes sociaux et environnementaux témoignait de la volonté de l’Union paysanne de travailler en lien avec les organismes paysans et citoyens apparentés, dans le respect de l’autonomie de chacun.

Deux débats importants ont occupé les congressistes : la place des producteurs dans la structure de l’Union paysanne et l’opposition au monopole syndical.

Le Congrès a donné le feu vert à la création, au sein de l’Union paysanne, de regroupements de producteurs d’un même secteur de production. Deux de ces regroupements existent déjà, l’Union acéricole paysanne et l’Union biologique paysanne. Mais on a reporté à l’an prochain d’en fixer dans les Statuts la structure définitive et leurs liens structurels avec l’ensemble du mouvement.

Quant au monopole syndical, le mandat a été donné aux dirigeants d’enclencher la demande de révision de la loi qui permet qui n’autorise qu’un seul syndicat accrédité et lui permet d’obliger tous les producteurs à lui verser une cotisation, mais ce mandat a été assorti de l’obligation de mener au cours des prochains mois un débat et une consultation auprès des membres de toutes les régions pour savoir si on doit se limiter à revendiquer le pluralisme syndical , c’est-à-dire la possibilité que soient accréditées plus d’une association, ou si on doit également remettre en question le pouvoir d’obliger tous les producteurs à cotiser à une association accréditée, c’est-à-dire l’équivalent de la formule Rand dans le secteur agricole.
Compte-tenu des conséquences d’un tel choix entre le pluralisme syndical (à l’intérieur d’un système semblable à la formule Rand) ou la libre adhésion et cotisation à un syndicat accrédité, la décision finale reviendra à un prochain congrès (régulier ou spécial).

Ceux qui réclament l’adhésion et la cotisation volontaire veulent éviter de retomber dans la cogestion et la complicité du syndicat avec le Gouvernement, engendrées par le système de syndicat unique et de cotisation obligatoire actuel.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne

http://www.unionpaysanne.com/

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