Crème glacée : Unilever et Nestlé, géants du marché mondial

Paris (France), 18 juin 2002 – Avec la montée en flèche du mercure dans les thermomètres, les turbines tournent à plein chez les fabricants de crèmes glacées dont le marché, très atomisé, est dominé par deux géants de l’industrie agroalimentaire mondiale, Unilever et Nestlé.

Le suisse Nestlé (Gervais, Häagen Dasz aux Etats-Unis) va disputer au groupe anglo-néerlandais Unilever (Miko) la place de numéro un mondial après la fusion, annoncée lundi, de son activité crèmes glacées avec la société Dreyer’s, le plus important producteur et distributeur de glaces aux Etats-Unis.

Une fois l’opération américano-helvétique finalisée, d’ici 6 à 12 mois, le chiffre d’affaires de la branche crème glacée de Nestlé devrait rejoindre celui d’Unilever dans ce secteur (7,25 milliards de francs suisses, 4,93 mds EUR), estime François Perroux, porte-parole de Nestlé à Vevey (Suisse).

Hormis quelques grands, « le marché des crèmes glacées et des sorbets est très atomisé dans le monde et la consommation de ces produits va de un à dix suivant les pays », constate M. Perroux.

Les Américains sont de loin les premiers amateurs de glaces avec une consommation par habitant et par an de près de 25 litres. Ils sont talonnés par les Australiens (21 litres), les Italiens et les Israéliens. Les Canadiens, les Suisses et les Français sont également gourmands de glaces et autres sorbets avec respectivement 12,5 litres, 10 l et 8 l engloutis, selon M. Perroux.

Les plus sobres parmi lesquels on retrouve Japonais, Argentins et Chiliens, n’en dégustent que 2 litres par an.

Il est vrai que l’offre est deux fois plus large aux Etats-Unis qu’en France: 356 références contre 182 en 2000, selon les chiffres du Syndicat national des fabricants industriels de glaces, sorbets et crèmes glacées (SFIG).

« Comme pour la mode, l’innovation est une des clés de la réussite dans notre métier », explique M. Perroux. « Chez Nestlé, les gammes de produits sont renouvelées chaque année, pour séduire notamment la clientèle des jeunes ».

En 2001, 14% du chiffre d’affaires de la profession en France –940 millions d’euros (+3%)– ont été réalisés par des produits qui n’existaient pas deux ans plus tôt, indique le SFIG.

« Le métier de glacier est largement lié à la météo, même si aujourd’hui les ventes en hiver sont de la taille de celles réalisées il y a dix ans en été », déclare Claude Waret, responsable du marketing chez Miko. « Les mois pluvieux nous pénalisent. Après un mois d’avril superbe pour nos ventes, mai a été très médiocre ».

L’an dernier, le marché français de la glace a porté sur 312 millions de litres (+0,3%), une augmentation de 22% en dix ans. Il est détenu pour un tiers par Miko, qui produit plus de 100 millions de litres par an en France, et pour un autre tiers par les marques des grands distributeurs. Ces glaces distribuées dans les grandes surfaces sont notamment fabriquées par des sociétés laitières comme la bretonne Rolland (33 millions de litres produits en 2000).

Les autres acteurs du marché français sont Nestlé (66 millions de litres et 16% du marché), l’américain Mars avec ses barres glacées (2,8% du marché), Häagen Dazs (2,4%) et une myriade d’artisans.

En France, l’amateur de glaces est plutôt masculin et jeune. Il les consomme avant tout pour se faire plaisir et de plus en plus souvent en plein air, selon un sondage réalisé en avril dernier par Louis Harris. Le SFIG confirme cette tendance, notant que les ventes en volume hors domicile ont progressé de 5% l’an dernier.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Nestlé

http://www.nestle.ca/

Unilever

http://www.unilever.com/

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