Défis à prévoir pour la main-d’œuvre agricole

Déjà bien réel, les problèmes liés à la pénurie de main-d’œuvre au Québec devraient s’accentuer d’ici 2025.  C’est la conclusion d’un rapport émis récemment par le conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture. Bien que doté de travailleurs plus jeunes qu’ailleurs au pays, la pénurie va s’accentuer avec les départs à la retraite et causer des problèmes se chiffrant en millions de dollars de pertes.

Selon le Conseil, 3300 poste sont restés vacants, pour un coût estimé à 116M$. D’ici 2025, il y aura 10 600 postes à pourvoir de plus que le nombre de travailleurs canadiens disponibles dans la province.

Selon une enquête auprès des employeurs agricoles de la province :

. 34 % ont été incapables de trouver suffisamment de travailleurs

. 34 % ont engagé des dépenses liées aux heures supplémentaires

. 19 % ont connu des pertes de production

Avec 73 500 en 2014, le Québec est le deuxième employeur agricole en importance au pays (20%), après l’Ontario (27%). C’est dans la province qu’on retrouve le plus grand nombre des travailleurs de l’industrie laitière (45%) et dans l’industrie porcine (22%). Ces secteurs sont suivis par l’industrie de la culture en serre et en pépinière et de la floriculture (18 %) et l’industrie des céréales et des oléagineux (13 %).

La province dispose d’une main-d’œuvre agricole plus jeune que la moyenne. En 2011, seuls 55 % des travailleurs étaient âgés d’au moins 45 ans, comparativement à 60 % pour l’ensemble du secteur agricole canadien. Les travailleurs étrangers représentent 12 % de la main-d’œuvre agricole du Québec, ce qui correspond à la moyenne canadienne.

Si dans les dernières années la situation du marché du travail dans le secteur agricole est restée stable, des changements devraient se produire d’ici 2024. La pénurie est particulièrement marquée pour les travailleurs d’expérience ayant les compétences appropriées. Un employeur sur quatre indique que les conditions de travail nuisent à la rétention du personnel. Les taux de roulement sont également un problème au Québec. Les taux de roulement volontaire et involontaire, 23 % et 12 % respectivement, se situent au-dessus de la moyenne nationale.

Près d’un travailleur agricole sur quatre (23 %) du Québec devrait prendre sa retraite d’ici 2025, alors que le nombre de diplômés se joignant à l’effectif agricole chutera de 11 %.

Le Conseil estime que la demande de main-d’œuvre agricole du Québec chutera de 0,4 % par an mais comme la main-d’œuvre diminuera elle-même de 0,7%, il en résultera une pénurie de 10 600, soit l’équivalent de 14 % de l’effectif total requis. La majorité de ces emplois (environ 6 900) seront des postes de gestionnaire dans le domaine de l’agriculture, qui comprennent les propriétaires exploitants et les gestionnaires embauchés, ainsi que des postes d’ouvrier agricole polyvalent.

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