Déjouer les mauvaises herbes

Passionné par le contrôle des mauvaises herbes, David Girardville, agronome au Club agroenvironnemental du Suroît, a fait de la lutte aux plantes nuisibles son cheval de bataille. Voici ses meilleurs conseils pour le contrôle de quatre mauvaises.

Pissenlit

Au printemps, alors que le pissenlit déploie ses fleurs jaunes, il est déjà trop tard pour agir. Le pissenlit est très hâtif. Pour contrôler efficacement cette vivace, c’est à l’automne ou tôt au printemps qu’il faut passer à l’action.

À l’automne, une récolte ayant laissé les plants de pissenlit quasi intacts et sans traces de gels permet de procéder à un brûlage au glyphosate. Afin d’utiliser cette méthode de répression, le feuillage du pissenlit doit être présent et actif pour permettre l’assimilation de l’herbicide dans le système de la plante.

Fréquente dans les champs en semis direct, la présence de pissenlit est prévenue à l’aide d’un herbicide, à l’automne, à la suite de la récolte du soya. Toutefois, au moment de choisir un herbicide pour une application postrécolte, tous les herbicides ne sont pas appropriés pour un contrôle tardif des mauvaises herbes. « L’application d’herbicides hormonaux (MCPA, 2,4D, etc.) à l’automne peut causer des problèmes pour la culture suivante puisque ces herbicides sont rémanents et que les micro-organismes n’ont pas suffisamment de temps pour dégrader la matière active avant le gel », souligne David Girardville. La présence de matière active d’herbicide résiduelle au printemps cause des problèmes de germination à la culture suivante.

Laiteron

Le laiteron des champs est une vivace dont les racines s’ancrent dans les profondeurs du sol. Il se propage par ses rhizomes et par ses graines en zone aérienne.

Cette plante aux fleurs similaires au pissenlit est problématique pour tous les types de régie (semis direct, conventionnelle, biologique, etc.).

David Girardville suggère l’application d’un herbicide systémique quand la culture est mature. « L’automne est une période importante pour contrôler les mauvaises herbes qui débourrent tardivement. Peu de gens savent qu’ils peuvent arroser la culture avant la récolte quand elle est mature. Par contre, il ne doit pas y avoir eu de gelée pour agir efficacement sur les plantes nuisibles », explique cet agronome. Cette méthode s’applique également pour contrer l’asclépiade et le liseron des champs.

Prêle

La présence de prêle dans les champs a peu d’impact sur le rendement. « Par exemple, pour nuire à la croissance du maïs, la densité de cette plante doit avoisiner les 350 plants par mètre carré », indique David Girardville.

Par contre, rencontrer cette plante (aussi connue sous le nom de queue de renard) dans les champs de soya IP risque de tacher le grain, ce qui peut entraîner le déclassement de la récolte. Cette cousine de la fougère prolifère dans les zones où la culture éprouve des difficultés, telles que les zones de compaction et de mauvais drainage.

Dans une culture de céréale, la présence de prêle s’atténue par une pulvérisation d’herbicides hormonaux. Des méthodes plus drastiques sont aussi envisageables. Ainsi, les producteurs en semis direct peuvent, au printemps (alors que 60 % des pousses de prêle sont sorties), en présemis, appliquer de l’Amitrole sur leurs champs infestés de queues de renard. Ceux qui utilisent cette pratique doivent respecter le délai avant de semer. « Cette méthode est délicate à utiliser », rappelle David Girardville.

L’utilisation de glyphosate pour contrôler la prêle ne fonctionne pas dans toutes les régions. La pulvérisation de glyphosate en jets dirigés (pendillards) semble fonctionner, alors que l’arrosage est fait dans le maïs au stade d’environ 12 feuilles. Au cours de cette période, la prêle est vulnérable puisqu’elle s’étiole sous l’ombre de la culture. L’intégration d’une culture tolérante au glyfosinate (Liberty) permet de diminuer la population de la prêle.

Souchet

Le souchet affectionne les terres noires, les terres organiques et les sections mal drainées des champs. Comme la prêle, le souchet a peu d’incidence sur le rendement. Par contre, l’inaction entraîne un accroissement des populations qui, en très grand nombre, cause des problèmes. Le souchet forme de petits tubercules nichés profondément dans le sol. De plus, sa feuille est cireuse, réduisant l’adhérence de l’herbicide. Pour déjouer le souchet, David Girardville recommande, en présemis, l’incorporation d’herbicides, tels que Frontier ou Dual. Dans la culture du soya, l’application de l’herbicide Classic ralentit la croissance du souchet.

Lisez les conseils de David Girardville pour une foule d’autres mauvaises herbes, dans Le Bulletin des agriculteurs de mars 2011, version magazine.

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