Des agriculteurs disent non au génie génétique

Montréal (Québec), 26 janvier 2000 – Dans le cadre des présentes négociations où les délégués de 180 pays sont réunis pour établir un protocole international sur la biosécurité, Greenpeace et le Réseau Tiers-Monde ont invité des représentants du domaine agricole à s’exprimer sur la menace que représente l’industrie du génie génétique pour leur moyen de subsistance.







« Les coûts de certification ” sans OGM ” devraient être assumés par les industries biotechnologiques et non par les producteurs biologiques »


Venus du Brésil, du Mexique, des États-Unis et de la France, ces cultivateurs veulent faire entendre, au sein de ces négociations, la voix des petits fermiers indépendants.

Les fermiers du Brésil, du Mexique et de la France doivent assumer des coûts supplémentaires afin de satisfaire la demande des consommateurs qui ne souhaitent pas consommer d’organismes génétiquement modifies (OGM). La demande de certification « sans OGM » a entraîné de nouveaux coûts en tests, étiquetage et transport pour les cultivateurs afin qu’ils puissent garantir que leurs produits n’aient pas subi de contamination génétique. « Ces coûts devraient être assumés par les industries biotechnologiques et non par nous » soulignent Antonio Wunsch du Brésil et Jean-Yves Griot de la France,

Le Mexique, étant le berceau de la diversité génétique du maïs, les paysans locaux sont particulièrement inquiets de la perte de diversité qui toucherait leurs semences. « Il y a près de 5000 variétés traditionnelles de maïs au Mexique et nous pourrions les perdre à tout jamais », affirme Porfirio Encino, fermier du Mexique.

Dans les pays industrialisés où la production biologique est le secteur alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide, les fermiers biologiques doivent faire face à de nouvelles menaces : la perte de leur moyen de subsistance en raison de la contamination génétique. « Quand du pollen modifié génétiquement en provenance d’un champ voisin contamine une culture biologique, le fermier risque de perdre son statut d’agriculteur biologique qu’il aura mis des années à obtenir », commente Steven Gilman, agriculteur biologique aux États-Unis.

Au Canada, environ 60% du canola est issu du génie génétique. La contamination involontaire du canola conventionnel en champs et lors du transport rend vaine toute tentative de ségrégation. « Les consommateurs réclament la ségrégation mais ça ne fonctionne pas et nous perdons notre marché. Un moratoire sur l’autorisation de nouvelles cultures serait clairement insuffisant; nous devons d’abord réparer les gâchis générés par le canola manipulé génétiquement », explique Hart Haiden du Canada.

Greenpeace et le Réseau Tiers-Monde demandent aux gouvernements présents aux négociations sur la biosécurité de cesser la pollution génétique et de protéger les fermiers et leur gagne-pain. L’expérience que des fermiers partagent à Montréal aujourd’hui illustrent la nécessité qu’il y de doter le protocole sur la Biosécurité de règles permettant aux pays de décider par eux-mêmes s’ils souhaitent importer ou non des semences ou des cultures transgéniques; une décision étant basée sur des préoccupations environnementales, socio-économiques ou de santé publique, par l’application d’un principe de précaution. De plus, l’usage d’OGM dans les centres de diversités, lieux d’origine des souches alimentaires mondiales, doit être proscrite.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

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