Des aliments ne remplissent pas les normes sanitaires canadiennes

Toronto (Ontario), 19 février 2002 – Les oeufs, le miel et le sirop d’érable – des aliments que les Canadiens consomment régulièrement – ne répondent pas toujours aux normes sanitaires canadiennes, indiquent des données fédérales obtenues par un groupe écologiste.

Défense environnementale Canada, une organisation nationale dont les bureaux sont à Toronto, a rendu publiques ces inquiétantes informations en conférence de presse. On y apprend que du plomb, des insecticides et des traces de détergents germicides se sont retrouvés dans nos aliments.

A partir de l’examen de 30 000 résultats de tests alimentaires qui n’avaient jamais été rendus publics auparavant, ce groupe qui milite pour la santé et la sécurité a constaté qu’un oeuf testé sur quatre contenait des quantités excédant les niveaux permis d’ionophore, un médicament utilisé pour contrôler les maladies parasitaires engendrées par les conditions d’élevage dans les poulaillers.

Près de 50 pour cent du miel importé des États-Unis contenait trop de phénol, un nettoyeur germicide. Plus de 50 pour cent du sirop d’érable testé contenait des résidus de plomb. Enfin, les fraises et les poivrons rouges importés excédaient, dans un cas sur 20, les limites canadiennes de pesticides.

Ces données sont basées sur des informations obtenues auprès de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, à la suite de demandes soumises en vertu de la Loi d’accès à l’information.

Selon le ministère fédéral de la Santé, tout aliment s’avérant non sécuritaire est immédiatement jeté avant même d’atteindre les magasins. Les aliments contenant des ingrédients nocifs ne sont pas mis sur le marché, a déclaré Farah Mohamed, porte-parole de la ministre de la Santé, Anne McLellan.

Mais selon Rod MacRae, un analyste embauché par le groupe Défense environnementale, il est pratiquement impossible d’empêcher la contamination des aliments à cause des longs trajets que ceux-ci effectuent.

L’aliment moyen « voyage » en moyenne 2000 kilomètres avant d’atteindre les consommateurs, a souligné M. MacRae. Les distances parcourues sont beaucoup plus grandes qu’avant. Les risques de contamination par inadvertance sont illimités.

Des erreurs de calcul dans la préparation d’insecticides en pulvérisateur, et des métaux lourds qui demeurent dans les wagons de train à la suite de voyages précédents sont deux exemples de modes de contamination des aliments, a-t-il expliqué.

Selon lui, les systèmes alimentaire et agricole sont devenus si incroyablement complexes que les outils gouvernementaux ne sont que partiellement efficaces.

Mais le gouvernement pourrait modifier la façon dont les aliments sont traités s’il était vraiment déterminé à assurer la sécurité des consommateurs, estime-t-il.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA)

http://www.cfia-acia.agr.ca/

Santé Canada

http://www.hc-sc.gc.ca

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