Des chercheurs s’attaque à la maladie de la vache folle

Montréal (Québec), 19 juin 2003 – Des chercheurs de partout dans le monde lancent un projet de consortium international pour appuyer la recherche qui permettra de comprendre et de maîtriser la maladie à prions (maladie de la vache folle).

Le premier Atelier international sur la génomique des bovins, auquel ont participé plus de 80 chercheurs et experts internationaux en génomique des bovins, a pris fin cet après-midi, après trois jours d’intenses discussions.

Organisé par Génome Canada et présidé par M. Lorne Babiuk, chercheur de renommée internationale et directeur de la Vaccine & Infectious Diseases Organization (VIDO) de Saskatoon (Saskatchewan), l’atelier a réuni des experts de la génomique des bovins du Brésil, du Canada, des Etats-Unis, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Hollande, de la Norvège, de la France et de la Belgique qui se sont employés à élaborer une stratégie mondiale de recherche.

« Cet atelier est une première et le début d’une collaboration à long terme. Il était extrêmement important de réunir les experts du monde entier pour promouvoir la collaboration internationale dans ce domaine vital, a déclaré M. Babiuk. Il était primordial que la communauté internationale des chercheurs définissent les possibilités et les priorités, afin que nous puissions lancer des projets à grande échelle en génomique des bovins. »

Les participants ont retenu les priorités suivantes :

1. Séquençage : Pour que la recherche en génomique des bovins puisse progresser, il faut d’abord produire une séquence de haute qualité. Il faut aussi obtenir du financement à l’échelle internationale. Les coûts estimatifs dépassent les 50 millions de dollars et on s’attend à une contribution des pays suivants : Brésil, Canada, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Australie, Hollande, Norvège, France et Belgique.

2. Initiative internationale en génomique des bovins : Aucun pays du monde n’a les moyens d’entreprendre seul le séquençage et la recherche subséquente (génomique fonctionnelle). Les participants ont ciblé des possibilités et décidé qu’il convenait de créer un consortium international sur la génomique des bovins. On préparera et présentera une proposition de consortium à différents organismes de financement au cours des prochains mois.

3. Applications : En prenant appui sur le séquençage, les participants ont examiné les différentes applications que ces nouvelles connaissances permettront de mettre au point et établi des priorités pour l’industrie. Un comité directeur sera mis sur pied pour mettre de l’avant ces activités. Les intérêts précis portent notamment sur les traits de production, les traits de résistance à la maladie (maladie de la vache folle, maladies infectieuses, etc.), la biologie comparative et la génomique fonctionnelle (comparaison avec d’autres organismes modèles comme le rat, la souris et les humains), la réponse immunitaire comparative.

« L’élevage des bovins revêt une importance extrême dans le monde, a dit M. Martin Godbout, président et directeur général de Génome Canada. Au Canada seulement, cette industrie est évaluée à 7,6 milliards de dollars. La survenue récente de la maladie de la vache folle, qui a affecté une seule vache en Alberta, a très clairement montré que notre économie peut être gravement touchée par un problème dans l’industrie de l’élevage et qu’il est crucial d’éviter qu’une autre situation semblable ne se produise. La recherche dans ce domaine est impérative. »

La recherche en génomique des bovins aidera la communauté scientifique à mieux comprendre les maladies infectieuses du bétail, qui coûtent chaque année des milliards de dollars aux économies du monde entier. Elle permettra également de clarifier les éléments génétiques qui peuvent prédisposer les animaux aux prions (maladie de la vache folle). Aux Etats-Unis, la séquence du génome des bovins fait partie des grandes priorités du National Institute for Health – National Human Genome Research Institute (NIH – NHGRI). Au Canada, les travaux de cartographie du génome des bovins ont déjà commencé, sous la direction de M. Marco Marra et de son équipe au Genome Science Centre de Vancouver.

Ce premier atelier mondial sur la génomique des bovins a été organisé sous l’égide de Génome Canada. Un comité directeur international, composé de représentants d’organismes gouvernementaux, de l’industrie et des milieux universitaires, a élaboré le programme et choisi les participants. Une liste complète des membres du comité directeur et des participants, de même que le programme se trouvent dans le site Web de Génome Canada.

Génome Canada est actuellement la principale source de financement et d’information pour la recherche en génomique et en protéomique au Canada. L’organisme, qui se consacre à l’élaboration et à la mise en oeuvre d’une stratégie nationale de recherche en génomique et en protéomique au profit des Canadiens, a jusqu’à maintenant reçu 375 millions de dollars du gouvernement du Canada. Génome Canada a créé cinq centres de génomique au pays (Atlantique, Québec, Ontario, Prairies et Colombie-Britannique) et vise principalement à faire du Canada un chef de file mondial de la recherche en génomique et en protéomique. En collaboration avec ses cinq centres de génomique et d’autres partenaires, Génome Canada investit et gère des projets de recherche à grande échelle dans des domaines clés comme l’agriculture, la bioinformatique, l’environnement, les pêches, la foresterie, la santé et le développement des technologies. Génome Canada soutient aussi les projets de recherche visant l’étude et l’analyse des enjeux éthiques, environnementaux, économiques, de droit et de société liés à la génomique (GE3DS). Jusqu’ici, Génome Canada a investi plus de 300 millions de dollars à la grandeur du pays, montant qui, lorsqu’on tient compte du financement de contrepartie des autres partenaires, totalise 680 millions de dollars répartis entre 57 projets de recherche novateurs en génomique et en protéomique et des plates-formes scientifiques et technologiques.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Génome Canada
http://www.genomecanada.ca

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