Deux ans après l’entrée en vigueur de la norme volontaire fédérale d’étiquetage des OGM, pas une seule étiquette “avec OGM”

Montréal (Québec), 18 avril 2006 – Au lendemain de Pâques, les groupes du Réseau québécois contre les organismes génétiquement modifiés (RQcOGM) cherchent toujours des aliments ayant des étiquettes « avec OGM ». Ils n’en ont pas trouvé un seul, pour la bonne raison qu’au Québec, comme au Canada, il n’existe pas de réglementation imposant l’étiquetage obligatoire des OGM. La seule norme en vigueur est la norme fédérale d’étiquetage « volontaire » des OGM, qui laisse le libre choix aux compagnies alimentaires d’étiqueter ou non leurs produits contenant des OGM. Dès son entrée en vigueur en avril 2004, la norme fédérale d’étiquetage des OGM a été condamnée par les organisations de la société civile comme étant une mesure bidon. Aucune entreprise alimentaire n’a pris le soin d’étiqueter volontairement ses produits contenant des OGM.

« Une quarantaine de pays ont déjà un système d’étiquetage obligatoire des OGM. Le droit à l’information fait partie des droits fondamentaux des consommateurs qui sont reconnus par les Nations Unies et la présence ou l’absence d’OGM dans un aliment compte parmi les informations qu’il est indispensable de transmettre aux consommateurs afin qu’ils puissent faire un choix éclairé », note Charles Tanguay de l’Union des consommateurs.

Rappelons que la Commission de l’agriculture, des pêcheries et de l’alimentation qui s’est penchée sur la question de la sécurité alimentaire en 2004, a recommandé que le Québec adopte une norme d’étiquetage obligatoire des OGM comme il se fait en Europe. « Le Québec a le pouvoir de légiférer dans ce dossier et doit donner à la population un échéancier clair concernant une norme d’étiquetage obligatoire des OGM. L’étiquetage obligatoire des OGM est une promesse électorale du gouvernement Charest qui tarde à se concrétiser puisqu’il vient de célébrer sa troisième année au pouvoir! » déclare Denis Falardeau de l’ACEF de Québec.

« Des OGM sont cultivés et mangés au Québec sans qu’un véritable débat de fond sur cette question ait été mené. C’est une des raisons pour lesquels il est urgent de tenir des États généraux sur l’agriculture » déclare Benoît Girouard de l’Union biologique paysanne. « La course aux brevets et la commercialisation rapide de nouvelles biotechnologies se fait au détriment de l’environnement, de la santé et du bien commun. Le principe de précaution devrait s’appliquer aux OGM qui ne devraient être disséminés ni dans l’environnement, ni dans la chaîne alimentaire » souligne pour sa part Anne-Marie Turmel des AmiEs de la Terre de Québec.

« Au lieu d’aller faire la promotion de l’industrie des biotechnologies à Chicago, comme il vient de le faire récemment, monsieur Charest aurait dû remplir sa promesse électorale et faire un cadeau de Pâques aux Québécoises et Québécois en mettant en place l’étiquetage obligatoire des OGM » de conclure Éric Darier de Greenpeace.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

Union des consommateurs
http://consommateur.qc.ca/union

Commentaires