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Les précipitations en agriculture, tout le monde doit s’y intéresser. Pourquoi donc ne pas contribuer à accroître la quantité de données afin de mieux apprécier combien d’eau tombe du ciel et comment cette eau se propage?

CoCoRaHS (Community Collaborative Rain, Hail and Snow Network ou Réseau collaboratif communautaire de pluie, de grêle et de neige) est un réseau de bénévoles qui a pour mission d’accumuler le plus de données possible sur les précipitations à travers le pays. Le but? Éventuellement être capable de mieux comprendre l’écoulement de l’eau et prédire les inondations. Une fois recueillie, l’information est transmise à des scientifiques, tels que météorologues, hydrologues, biologistes, experts en sinistre, etc.

« CoCoraHS a commencé aux États-Unis après un épisode au Colorado de pluie abondante et des inondations qui avaient causé beaucoup de dommages, raconte Lewis Poulin, météorologue à Environnement Canada. Les météorologues ont étudié l’épisode et ont réalisé que la quantité de pluie tombée variait beaucoup d’un endroit à l’autre, même sur de courtes distances. » La population a voulu aider. On a alors demandé à la population de se doter de pluviomètres et d’envoyer leurs mesures pour aider les scientifiques à recueillir quotidiennement une observation des précipitations des dernières 24 heures.

L’initiative a eu beaucoup de succès. C’était en 1998. Au Canada, CoCoraHS existe depuis 2011.

À la recherche de bénévoles au Québec

CoCoraHS cherche à accroître son nombre de bénévoles au Québec. Pour participer, il s’agit de se doter d’un pluviomètre (il est possible d’en acheter sur le site de CoCoraHs au coût de 30 $). Puis, de communiquer ses lectures quotidiennes à l’organisme. Un pluviomètre, c’est un cylindre gradué en plastique transparent. Les instructions indiquent comment l’installer sur un poteau à une bonne hauteur (qui peut varier entre 2 pi et 5 pi) dans un endroit facile d’accès pour en faire la lecture régulièrement. « On prend la mesure sur le pluviomètre et on envoie les données, soit par cellulaire ou par ordinateur à la base de données principale de CoCoRaHS. C’est facile d’intégrer ça dans sa routine du matin », indique Lewis Poulin.

Les quantités de neige aussi peuvent être mesurées. En suivant les instructions, on peut facilement se faire une planche à neige de 2 pi X 2 pi qu’on peint en blanc, puis qu’on place au sol. Chaque jour, il suffit de mesurer la profondeur de la nouvelle neige sur la planche avec une règle. On prend ensuite un échantillon de cette neige pour calculer la quantité d’eau que ça représente. Après l’observation, on nettoie la planche afin qu’elle soit prête pour la prochaine neige qui tombera. « En mesurant le niveau de neige pendant l’hiver, on a une meilleure appréciation de combien d’eau dans la neige s’accumule sur le sol et fondera au printemps pour imbiber le sol et s’écouler dans nos ruisseaux », ajoute le météorologue. Les météorologues peuvent utiliser ces mesures de neige pour aider à valider leurs prévisions de neige.

Le pluviomètre est l’instrument de base, mais d’autres mesures peuvent aussi être prises pour savoir notamment à quelle vitesse l’eau s’évapore de la surface du sol. « Ce sont tous des moyens faciles pour les citoyens et étudiants de contribuer à ce qu’on appelle la science communautaire, croit Lewis Poulin. Plus il y a de gens qui participent en prenant des mesures de précipitations chez eux, plus les données serviront à mieux comprendre combien d’eau tombe chez nous et comment l’eau se propage dans notre environnement. »

Pour obtenir plus d’information ou pour vous inscrire à l’organisme, vous pouvez consulter le site cocorahs.org/canada.

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