Diffusion du rapport final de l’enquêteure indépendante sur l’éclosion de listériose

Ottawa (Ontario), 21 juillet 2009 – Sheila Weatherill, enquêteure indépendante, diffuse son rapport final sur l’éclosion de listériose d’août 2008. Concluant une enquête de six mois sur l’éclosion qui a entraîné la mort de 22 Canadiens et Canadiennes, ce rapport a été remis au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire le 20 juillet 2009.

« La sécurité de l’approvisionnement alimentaire compte parmi lesresponsabilités les plus importantes du gouvernement, a déclaré SheilaWeatherill. Mon rôle était de fournir aux Canadiens des réponses quant auxcauses de cette éclosion et à la façon dont elle s’est produite, et de fairedes recommandations pour mieux aider à protéger tous les consommateurs contred’éventuelles éclosions et à mieux se préparer contre celles-ci. »

Mme Weatherill a été nommée par le premier ministre du Canada en janvier2009. Son enquête l’a amenée à rencontrer ou à interroger une centaine depersonnes clés, y compris des membres des familles touchées, des représentantsde l’industrie et des agents de diverses entreprises, ainsi que desfonctionnaires de tous les ordres de gouvernement. Par ailleurs, l’enquête apermis de recueillir plus de 400 commentaires de Canadiens et de Canadiennesau moyen d’un site Web, en plus d’examiner des documents totalisant desmillions de pages. Des conseils ont aussi été reçus d’un groupe composéd’experts canadiens et américains respectés, spécialisés dans les domaines dela santé publique et de la salubrité des aliments.

« Grâce au recul avec lequel j’ai examiné la situation, j’ai été capablede voir la suite des événements qui ont mené à l’éclosion et cerner lesmesures qui auraient pu être prises, a expliqué Mme Weatherill. Je n’ai cesséd’entendre que, si les personnes avaient seulement su ou reconnu ce qu’ellessavent aujourd’hui, la situation aurait évolué différemment. Or, en dépit detous les efforts et malgré des indicateurs, il y a eu 22 morts » .

L’enquête conclut que des améliorations doivent être apportées sur quatre plans :

  • Les cadres supérieurs des secteurs public et privé doivent accorder plus d’importance à la salubrité des aliments;
  • Il faut mieux se préparer à l’éclosion des maladies d’origine alimentaire graves en planifiant à l’avance les mesures d’intervention d’urgence à suivre;
  • Le sentiment d’urgence devrait être plus élevé si une autre urgence alimentaire devait surgir;
  • Les communications avec le grand public canadien au sujet de la listériose et d’autres maladies d’origine alimentaire, plus particulièrement auprès des populations à risque et des professionnels de la santé, doivent être plus claires.

« Le système d’assurance de la salubrité des aliments du Canada est basésur un complexe éventail de lois et de règlements administrés par un réseaud’organismes fédéraux, provinciaux et locaux, précise Mme Weatherill. Dans monrapport, je recommande que les organismes de réglementation et les entreprisesplacent la protection des consommateurs au centre de leurs préoccupations etde leurs actions collectives. »

Outre une analyse approfondie et des conseils donnés par des experts ensanté publique et en innocuité alimentaire, le rapport de l’enquêteureindépendante contient 57 recommandations pour améliorer le système d’assurancede la salubrité des aliments. Ces recommandations touchent :

  • la culture de sécurité des entreprises spécialisées dans la transformation des aliments;
  • la conception de l’équipement de transformation des aliments;
  • les règles et exigences gouvernementales en matière de salubrité des aliments;
  • les pratiques sanitaires axées sur les populations vulnérables que doivent mettre en oeuvre les fournisseurs de services alimentaires;
  • la capacité du gouvernement de gérer les urgences alimentaires nationales.

« Cette tragédie a entraîné la mort de quelques-unes des personnes lesplus vulnérables de notre pays, a observé Mme Weatherill. J’espère que desmesures seront prises rapidement pour répondre à ce rapport et empêcher qu’undrame similaire ne secoue le Canada de nouveau. »

Mme Weatherill recommande également au ministre de l’Agriculture et del’Agroalimentaire de rendre compte aux Canadiens et aux Canadiennes, d’icideux ans, de l’état d’avancement des recommandations découlant de son rapport.

Les efforts déployés dans le cadre de l’enquête ont été complétés par letravail important du Sous-comité sur la salubrité des aliments de la Chambredes communes, qui s’est aussi penché sur de nombreux aspects de cet enjeucrucial.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC)
http://www.agr.gc.ca

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