Développement de la production porcine : réaction de l’UPA

Longueuil (Québec), 13 mai 2004 – « Plutôt que de favoriser une approche de cohabitation entre les citoyens et le milieu agricole, force est de constater que nous sommes loin du compte. L’annonce d’aujourd’hui est plutôt l’expression d’un rendez-vous manqué. Les préoccupations des agriculteurs n’ont pas été prises en compte. On se demande où est l’agriculture dans tout ça ».

C’est en ces termes que réagissait le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, suite au dévoilement, cet après-midi, des orientations gouvernementales sur le développement durable de la production porcine.

Les productrices et producteurs agricoles avaient bon espoir que ressortent au terme de l’exercice du BAPE des solutions concrètes favorisant une cohabitation harmonieuse en tenant compte des préoccupations des citoyens et du milieu municipal, mais également du monde agricole. Or, l’approche mise de l’avant par le gouvernement crée l’effet contraire, risquant de judiciariser l’établissement de nouveaux projets d’élevage porcin.

Le gouvernement semble davantage préoccupé à accroître le pouvoir des municipalités plutôt que de trouver une solution durable. Aucune démonstration n’a encore été faite qu’en transférant les responsabilités à un autre palier gouvernemental, on arrivera à régler le problème. En conférant aux municipalités une série de pouvoirs de réglementation qui leur donnent toute latitude, le monde agricole craint que le gouvernement ne transpose un moratoire provincial à l’échelle régionale.

« Pour que le processus d’implantation des établissements porcins soit juste et équilibré, il devrait être accompagné d’un mécanisme d’arbitrage qui tient également compte des réalités agricoles, a poursuivi Laurent Pellerin. Or, ce que Québec propose, c’est un processus de médiation qui laisse toute la marge de manoeuvre aux municipalités sans aucune vision cohérente à l’échelle provinciale ».

Avec toute cette lourdeur administrative, on voit difficilement comment de nouvelles entreprises familiales vont pouvoir s’établir dans l’avenir.

Quant au soutien financier qui accompagnerait les mesures gouvernementales, il n’est plus crédible aux yeux des producteurs, lorsqu’on sait qu’au cours des deux dernières années, ceux-ci n’ont obtenu que 40 des 239 millions sur cinq ans annoncés par le gouvernement.

Le président de l’UPA rappelle que « l’agriculture évolue dans un marché ouvert. Alors que les producteurs sont aux prises avec la pire crise du revenu de leur histoire, l’annonce faite aujourd’hui par Québec constitue un geste de plus pour sortir l’agriculture québécoise du marché », de conclure M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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