Développement durable: le gouvernement persiste, les écologistes sceptiques

Paris (France), 14 janvier 2003 – Le gouvernement a confirmé sa volonté de mettre en place pour le « deuxième trimestre » une stratégie nationale de développement durable mais n’a pas convaincu certains écologistes de sa volonté de prendre en compte la dimension écologique dans ses décisions au jour le jour.

Un mois et demi après avoir planché en séminaire avec tous ses collègues sur le développement durable, la secrétaire d’Etat chargée du dossier, Tokia Saïfi, a clôturé, en présence de la presse, la réunion inaugurale du Conseil du développement durable (CNDD).

Cette instance, selon un décret paru mardi au Journal Officiel, comprend 90 membres représentant collectivités territoriales, entreprises, organisations professionnelles, syndicats, associations et ONG. 83 ont déjà été nommés dont sa présidente, Anne-Marie Ducroux.

Elle a pour but d’associer toutes ces composantes de la « société civile » à « l’élaboration, au suivi et à l’élaboration de la stratégie nationale », précise le décret.

La France est « un des derniers élèves de la classe européenne » à mettre en place une stratégie nationale de développement durable, comme prescrit au 1er sommet de la Terre de Rio (juin 1992) et confirmé au 2e sommet de Johannesburg l’été dernier, a relevé Mme Saïfi.

Le développement durable, a-t-elle rappelé, « essaie, au travers de stratégies, de plans d’action et d’initiatives, de relier les enjeux locaux et nationaux à des problématiques » environnementales comme l’effet de serre et sociales comme la lutte contre la pauvreté.

Le CNDD « n’est qu’un paravent dérisoire destiné à masquer les politiques anti-environnementales du gouvernement: transports +tout-camion+, agriculture intensive, OGM et bien entendu nucléaire », affirme l’association « Sortir du nucléaire » dans un communiqué.

De son côté, le directeur de Greenpeace-France, Bruno Rebelle, qui siège au CNDD, a annoncé mardi à quelques journalistes qu’il n’hésiterait pas à « claquer la porte » du Conseil si de l’exercice, « intéressant en soi », ne ressortait que de « l’esbroufe pure ».

Le gouvernement serait plus crédible, a-t-il estimé, « s’il avait depuis sa prise de fonction fait apparaître son souci d’articuler les questions environnementales avec les questions économiques et sociales ».

« Mais on a assisté plutôt à un certain nombre de renoncements, de décisions qui effectivement préemptent ce que devraient être les orientations de la stratégie » nationale, poursuit M. Rebelle en se disant « extrêmement sceptique ».

Parmi les décisions déjà prises qui sont, selon M. Rebelle, « tout sauf du développement durable », le responsable écologiste a cité la prochaine remise en cause de la circulation alternée à travers le tunnel du Mont-Blanc et la construction du tunnel du Somport, qui va être inauguré vendredi.

Source : AFP

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