En agroenvironnement, un engagement clair pour l’action

Québec (Québec), 7 décembre 2000 – L’Union des producteurs agricoles (UPA) a présenté à l’occasion de son congrès annuel qui se tient à Québec, son Cadre d’intervention en agroenvironnement, une étape déterminante dans la réalisation de sa Stratégie agroenvironnementale.

Le président général de l’UPA, M. Laurent Pellerin, a tenu à souligner l’importance de ce cadre d’intervention. « Nous avons réalisé l’étape capitale de l’acquisition des connaissances avec le Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec et nous passons maintenant à celle centrée sur l’action et sur l’application de solutions concrètes aux problèmes agroenvironnementaux, » a-t-il déclaré.

Ce cadre, venant appuyer les plans d’action régionaux et sectoriels mis en place par les différentes fédérations affiliées de l’UPA s’articule autour des six axes d’intervention prioritaires suivants :

  1. la réduction de la pollution diffuse (azote et phosphore);
  2. le traitement des lisiers et la réduction des rejets d’azote et de phosphore dans les fumiers;
  3. la réduction de la pollution localisée (azote et phosphore);
  4. la réduction de l’érosion hydrique des sols;
  5. la réduction des odeurs à l’épandage des lisiers et des fumiers;
  6. la réduction de la pollution diffuse par les pesticides.

Parmi les objectifs fixés, le Cadre vise à mobiliser l’ensemble de la structure syndicale dans la poursuite de la Stratégie agroenvironnementale de l’UPA, à favoriser l’atteinte des objectifs du plan d’action « Un environnement à valoriser » issu du Rendez-vous des décideurs en agriculture et en agroalimentaire, et finalement, à répondre aux attentes de la société québécoise et de la profession agricole.

Le Cadre propose une série de mesures pour s’attaquer à ces problématiques. Signalons que certaines d’entre elles nécessiteront l’appui et l’implication des partenaires privés et publics.

Ainsi, l’UPA a identifié des moyens d’action permettant d’obtenir des résultats tangibles, concrets et mesurables, d’ici la fin de 2003. En voici quelques-uns.

1. REDUCTION DE LA POLLUTION DIFFUSE (AZOTE ET PHOSPHORE)

  • Eliminer les apports excessifs d’engrais minéraux en s’assurant que 100 % des entreprises possèdent un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF).
  • Augmenter de 13 % à 100 % le nombre d’entreprises en production animale qui effectueront des analyses de fumiers et lisiers.
  • Réaliser 180 sessions de formation sur la production d’un bilan minéral à la ferme, soit une session par syndicat de base de l’UPA.

2. REDUCTION DES REJETS D’AZOTE ET DE PHOSPHORE DANS LES FUMIERS ET LISIERS

  • Augmenter de 25 % à 70 % la proportion d’unités animales dans les productions de porcs et de volailles alimentées à la phytase, une enzyme réduisant les rejets de phosphore dans les fumiers.
  • Augmenter jusqu’à 80 % le nombre d’unités animales dans la production porcine alimentées selon des programmes alimentaires réduisant les rejets d’azote et de phosphore dans les fumiers et lisiers.

3. REDUCTION DE LA POLLUTION LOCALISEE (AZOTE ET PHOSPHORE)

  • Augmenter de 75 % à 100 % la disposition des volumes de fumiers selon des modes d’entreposage conformes.
  • Entreposer de façon sécuritaire 100 % des fumiers stockés aux champs.
  • Augmenter de 19 % à 100 % le nombre des entreprises qui respecteront la politique de protection des rives et des cours d’eau.

4. REDUCTION DE L’EROSION HYDRIQUE DES SOLS

  • Augmenter de 12 % à 25 % les superficies en travail réduit des sols.
  • Augmenter de 7000 à 15 000 hectares les superficies ensemencées en engrais verts (cultures de conservation et régénération).
  • Augmenter de 58 000 à 75 000 hectares la protection par des brise-vents des superficies à risque.

5. REDUCTION DES ODEURS A L’EPANDAGE

  • Augmenter de 20 à 50 % les volumes de lisiers épandus par rampe.
  • Augmenter de 20 à 50 % les volumes de lisiers épandus, incorporés dans un délai de 48 heures.

6. REDUCTION DE LA POLLUTION DIFFUSE PAR LES PESTICIDES

  • Augmenter de 10 000 à 100 000 hectares les superficies traitées par des applications d’herbicides en bandes.
  • Augmenter de 9 % à 65 % le nombre d’entreprises utilisant le sarclage mécanique dans la production de soya.
  • Augmenter de 44 % à 65 % le nombre d’entreprises utilisant le sarclage mécanique dans la production du mais-grain.
  • Augmenter de 55 % à 80 % les pulvérisateurs faisant l’objet de réglage.
  • Augmenter de 49 % à 100 % le nombre d’entreprises utilisant un registre d’application des pesticides.

« Ces mesures, une fois en place, devraient engendrer des gains environnementaux significatifs et profitables pour tous », a déclaré M. Pellerin. Il a de plus profité de l’occasion pour lancer un appel à tous. Tous les producteurs et productrices ainsi que les intervenants et partenaires du monde agricole et environnemental doivent travailler de concert pour la protection de l’environnement.

Déjà, en mai dernier, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) recommandait, dans son rapport sur la gestion de l’eau, « la nécessité de soutenir fortement le milieu agricole dans ses efforts de dépollution ponctuelle et diffuse ».

« Pour parvenir à nos objectifs, il faudra des ressources et des appuis; tous les maillons de la chaîne agroalimentaire ont leur responsabilité dans l’amélioration des pratiques agroenvironnementales. Ensemble, nous pourrons continuer à forger une agriculture durable », a conclu M. Pellerin.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE)

http://www.bape.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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