ESB : éviter la panique malgré la découverte d’un cas au Canada

Washington (États-Unis), 3 juin 2003 – La récente découverte d’un cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au Canada prouve que les mesures de contrôle et les programmes de diagnostic donnent de bons résultats, selon la FAO.

« L’identification d’un seul cas d’ESB ne doit pas provoquer de panique »,affirme Andrew Speedy, expert à la Division production et santé animalesde la FAO.

« Fort heureusement, les cas isolés d’ESB sont détectés lors desinspections. Rien n’incite à penser à une escalade dans les pays où descas isolés ont été identifiés. Au contraire, tout prouve que les mesuresde contrôle s’avèrent efficaces. Au point qu’elles permettent de détecterun cas sur un million de bovins inspectés. »

« Tous les pays devraient poursuivre les actions de contrôle etprévention, même là où aucun cas d’ESB n’a jamais été détecté », selonSpeedy.

Les cas d’ESB depuis 2001
Quelques cas d’ESB ont été détectés depuis 2001 dans un certain nombre depays comme la République tchèque (4), la Grèce (1), Israël (1), le Japon(7), le Luxembourg (2), la Pologne (5), la Slovaquie (11) et la Slovénie(3), selon des rapports officiels de l’Office International des Epizooties(OIE).

« Cela montre l’efficacité des programmes gouvernementaux de détection etd’éradication de la maladie », fait valoir Speedy.

Selon l’expert de la FAO, la situation s’améliore dans les pays qui ontété touchés par l’ESB. Par exemple, au Royaume Uni, après les 37 000 casde 1992, il n’y a eu que 1 144 cas en 2002. Toujours en 2002, il y a eumoins de 1 000 cas dans le reste de l’Europe sur un cheptel total de plusde 80 millions.

Dans l’Union européenne et de nombreux pays, l’alimentation à base defarines de viande a été bannie. Des programmes ont été mis en place poureffectuer des examens microscopiques et des tests de laboratoire sur leplus grand nombre possible d’animaux. Les bêtes malades sont détruites.Ces mesures visent à mettre la chaîne alimentaire à l’abri de touteinfection.

Contrôles plus stricts
La FAO invite les pays à appliquer les recommendations qu’elle avaitfaites avec l’OMS et l’OIE en 2001.

« Même les pays où aucun cas d’ESB n’a été signalé devraient songer àadopter des mesures plus sévères », selon Speedy. Ces mesures incluentl’évaluation du risque au niveau national et des contrôles plus strictssur les importations de bétail et sur l’industrie alimentaire. Et surtout,il convient de bannir totalement les farines animales. Les animaux maladesdoivent être éliminés et leurs carcasses incinérées. Il convient en outrede mettre en place des systèmes d’identification, de certification et detraçabilité.

Le commerce implique que les produits soient sains. D’où la triplenécessité d’une évaluation du risque au niveau national, d’unesurveillance active et d’une bonne application des mesures de contrôle.Selon l’expert de la FAO, il importe que le pays qui veut exporter de laviande fournisse des assurances qu’un système protège effectivement lachaîne alimentaire contre toute infection.

Les « bons usages »
Pour aider les pays à appliquer des mesures de contrôle plus strictes, laFAO facilite la collaboration entre, d’une part, la Suisse qui a réussi àsurmonter une crise d’ESB et, d’autre part, plusieurs pays d’Europeorientale, d’Afrique et d’Amérique latine.

Former des experts qui, à leur tour, formeront d’autres personnes. Telest, en substance, l’objectif de cette collaboration qui permettra derépandre les « bons usages » dans un grand nombre de pays en vue deminimiser les risques tout au long de la chaîne alimentaire, selon Speedy.

Maintenir la chaîne alimentaire à l’abri de tout matériel infecté etréduire les risques sont les éléments clés d’une lutte efficace contrel’ESB.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Office international des épizooties (OIE)
http://www.oie.int/

Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)
http://www.fao.org

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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