Estimations du bétail au 1er janvier 2006

Ottawa (Ontario), 15 février 2006 – Le troupeau de bovins national a diminué pour la première fois en trois ans, dans la foulée de la réouverture de la frontière américaine au bétail canadien, ce qui a rendu les choses plus faciles pour les éleveurs qui devaient nourrir un nombre sans précédent d’animaux.

Selon l’Enquête sur le bétail de janvier, menée auprès de 10 000 producteurs, les éleveurs de bovins ont dénombré environ 14,8 millions de têtes dans leurs fermes au 1er janvier 2006, soit une baisse d’environ 233 000 têtes par rapport au chiffre sans précédent de 15,1 millions de têtes enregistré l’an dernier.

Malgré cette diminution, le nombre total est demeuré supérieur de 1,3 million aux niveaux atteints au 1er janvier 2003, avant l’embargo international imposé sur le bétail canadien en raison de la maladie de la vache folle.

L’embargo imposé aux bovins et au boeuf canadiens est entré en vigueur à la suite de la divulgation d’un seul cas signalé d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) le 20 mai 2003. La frontière était restée fermée à l’ensemble du boeuf canadien jusqu’en septembre 2003 et des bovins sur pied jusqu’au 18 juillet 2005, avant d’être ouverte au bétail âgé de moins de 30 mois.

La crise de l’ESB a mis les éleveurs de bovins canadiens dans une situation où ils devaient nourrir un nombre sans précédent de bovins dans leurs fermes. Cela a également paralysé, pendant 26 mois, les exportations nationales de bovins et de boeuf vers l’étranger, s’élevant à plusieurs milliards de dollars.

Les exportations des bovins sur pied augmentent rapidement
Les exportations d’animaux vivants vers les États-Unis ont augmenté rapidement dès la réouverture de la frontière en juillet. Dès octobre 2005, la fermeture était établie en fonction des niveaux précédant la crise de l’ESB.

Les exportations ont atteint 133 000 têtes en octobre, soit près de la moyenne des exportations mensuelles de 2002 (avant la crise de l’ESB), qui s’élevait à 140 000 têtes. En novembre 2005, les exportations de bovins ont diminué pour se situer à 118 000 têtes.

La diminution des exportations de viande de boeuf au cours de la deuxième moitié de 2005 a partiellement contrebalancé l’augmentation des exportations de bovins. Les exportations de boeuf ont augmenté en avril 2005, mais elles ont diminué de 36 % pour atteindre 28 600 tonnes métriques en novembre.

Une partie de cette diminution peut être attribuée aux trois semaines de grève dans un abattoir de l’Alberta, à la fin d’octobre et au début de novembre 2005.

En 2002, avant la crise de l’ESB, la valeur totale des exportations de bovins et de boeuf a atteint 3,9 milliards de dollars, soit des ventes équivalant à 11 millions de dollars par jour.

En 2004, la valeur de ces exportations a chuté pour s’établir à seulement 1,9 milliard de dollars, ce qui représente moins de la moitié des niveaux de 2002. Avec la réouverture de la frontière aux bovins et au boeuf, la valeur des exportations quotidiennes a récemment augmenté pour atteindre 8,4 millions de dollars.

Les troupeaux de bovins diminuent dans toutes les régions
Le nombre de bovins a diminué dans toutes les provinces se consacrant à l’élevage de bovins sauf au Manitoba où il est demeuré stable. Le cheptel de l’Alberta, le plus important de toutes les provinces, a baissé légèrement de 0,5 % par rapport à la même période en 2005, tandis que celui de la Saskatchewan a diminué de 3,0 %.

Les bovins de l’Alberta et de la Saskatchewan combinées représentaient presque 60 % de tous les bovins dans les fermes canadiennes au 1er janvier 2006.

À la même période, le nombre de têtes de bovins dans les fermes de la Colombie-Britannique a chuté de 7,0 %, tandis qu’au Manitoba le cheptel est demeuré au niveau de janvier 2005. Au Canada central, le troupeau de bovins du Québec a diminué de 0,7 %, tandis que celui de l’Ontario a enregistré une baisse de 2,3 %.

Les provinces des Prairies ont affiché la plus forte augmentation du nombre de bovins au cours des trois années ayant précédé le 1er janvier 2006. Les trois provinces combinées ont enregistré une hausse de 1,2 million de têtes, soit 92 % de l’augmentation totale qui s’élevait à 1,3 million.

Le nombre de bovins au Manitoba est monté en flèche, ayant affiché une hausse de 19,2 % ces trois dernières années, tandis qu’en Saskatchewan le cheptel a augmenté de 16,0 %. Les stocks de bovins de l’Alberta ont augmenté de 11,1 %, soit environ 44 % de l’augmentation nationale.

L’abattage demeure à des niveaux sans précédent
Les niveaux d’abattage ont été d’une très grande importance, ayant eu des répercussions sur l’élevage des bovins.

Dans un premier temps, l’abattage a atteint des niveaux records. En 2005, les niveaux d’abattage étaient seulement de quelque 1,0 % supérieurs aux niveaux records enregistrés en 2004, mais cela représentait une hausse imposante de 27,5 % par rapport aux niveaux de 2003.

Ces augmentations ont été alimentées par une capacité accrue d’abattage, par la demande nationale, par une forte demande internationale de boeuf canadien et par des niveaux plus bas d’importations de boeuf.

Les prix de l’abattage ont augmenté au cours de l’automne 2005, ayant enregistré une hausse de 20 % par rapport à la même période en 2004. Les prix de décembre 2005 ont été supérieurs de 94 % à ceux enregistrés en décembre 2002 avant l’application de l’embargo.

L’industrie porcine affiche une faible croissance
Les éleveurs ont dénombré 14,5 millions de porcs dans leurs fermes au 1er janvier 2006, soit 1,2 % de moins qu’à la même période en 2005, et 2,8 % de moins qu’au trimestre dernier.

Bien que les exportations internationales de porcs canadiens, notamment aux États-Unis, aient augmenté de façon importante (+16,2 %) entre le premier et le quatrième trimestre, les exportations ont chuté de 3,4 % en 2005 par rapport à 2004. À la même période, les naissances et l’abattage national ont affiché une faible diminution.

Les prix du porc ont été, de façon générale, inférieurs en 2005 par rapport à 2004. Toutefois, les producteurs ont tiré profit des faibles coûts de l’alimentation. Ces coûts devraient augmenter en raison des droits compensateurs du 15 décembre 2005 imposés au maïs entrant au Canada en provenance des États-Unis. Il est également important d’indiquer que le moratoire sur les activités d’élevage porcin au Québec a été levé en décembre 2005.

Stocks de bétail au 1er janvier
 BovinsPorcsMoutons
 en milliers de têtes
 200520062005200620052006
Canada15 06314 83014 67514 496980919
Atlantique2892863563343334
Québec1 4151 4054 2804 200245255
Ontario2 1892 1393 6103 560265230
Manitoba1 4901 4902 8702 9007065
Saskatchewan3 0402 9501 3421 315130110
Alberta5 9305 9002 0452 020171155
Colombie-Britannique7106601721676670
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux.

Les rapports Statistiques de bovins, vol. 5, no 1 (23-012-XIF, gratuit), Statistiques de porcs, vol. 5, no 1 (23-010-XIF, gratuit) et Statistiques de moutons, vol. 5, no 1 (23-011-XIF, gratuit) sont maintenant accessibles dans notre site Web. À la page Nos produits et services, sous Parcourir les publications Internet, choisissez Gratuites, puis Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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