Europe : nouvelle réglementation sur l’étiquetage des OGM en vigueur dimanche

Paris (France), 16 avril 2004 – La nouvelle réglementation européenne sur l’étiquetage des OGM entre en vigueur dimanche mais l’association de consommateurs UFC-Que Choisir? la juge insuffisante et les écologistes de Greenpeace craignent qu’elle ne conduise à une levée du moratoire sur les autorisations de cultures transgéniques en Europe.

La nouvelle législation impose d’informer les consommateurs par étiquetage de la présence de toute denrée contenant plus de 0,9% de produits génétiquement modifiés.

Depuis 1998, sous la pression de l’opinion publique, les autorisations de mises en culture d’organismes génétiquement modifiés sont gelées dans l’Union européenne par un moratoire.

Le mouvement écologiste Greenpeace craint que la nouvelle réglementation censée informer le consommateur ne serve de « prétexte » pour occulter les problèmes, notamment la contamination des semences, et pour enterrer le moratoire.

Pour Greenpeace, qui dénonce l’insuffisance de la législation, il s’agit d’un « artifice » destiné à écouler en masse les OGM à l’insu des consommateurs.

Dès samedi, dans le cadre d’une journée nationale d’information, ses militants organiseront une « traque » des OGM dans les rayons de plusieurs grands distributeurs.

« Ils inviteront le public à devenir ‘détective OGM » avec Greenpeace afin de débusquer les produits contenant des OGM« , précise le mouvement dans un communiqué.

Dans 18 villes, des groupes locaux de Greenpeace tiendront des stands d’information sur les OGM et distribueront un guide des « produits avec ou sans OGM ». Ils organiseront aussi des « visites guidées » des supermarchés afin « d’expliquer aux consommateurs où peuvent se cacher les OGM et comment les éviter et les rejeter ».

Pour l’Union fédérale des consommateurs UFC-Que Choisir?, les nouvelles règles offrent, certes, la possibilité de « faire son choix » dans la transparence mais elles ne règlent pas pour autant tous les problèmes liés aux OGM.

L’UFC note que les OGM se retrouvent dans la chaîne alimentaire via l’alimentation des animaux d’élevage dont les produits dérivés sont exempts d’étiquetage (viande, lait, fromage, oeufs, charcuterie, etc.).

« Le nouveau règlement exclut des obligations d’étiquetage les produits issus d’animaux ayant consommé des OGM, alors même que leur alimentation en contient dans la grande majorité des cas », déplore dans un communiqué l’UFC.

« Le consommateur ne disposera toujours pas du moyen de savoir si les animaux dont il consomme les produits ont été nourris ou non avec des OGM », poursuit l’association.

La Confédération paysanne, deuxième syndicat agricole français, juge elle aussi « incomplètes » les nouvelles règles.

« Les consommateurs n’auront en fait aucune idée du contenu en OGM des produits destinés aux animaux », déplore la Confédération qui estime que 75% des consommateurs et majoritairement des agriculteurs sont contre les OGM dans leur alimentation et dans les cultures.

La Confédération « réfute l’argument qui vise à se servir de ce règlement lié à la consommation comme support pour justifier vis-à-vis de l’opinion publique la relance des autorisations de mises en culture d’OGM ».

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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