France : les Académies de médecine et d’agriculture au secours de l’oeuf industriel

Paris (France), 17 novembre 2004 – L’oeuf doit être « réhabilité », car il s’agit d’un aliment de choix, selon plusieurs experts des Académies de médecine et d’agriculture, qui ont pris la défense des élevages industriels jugés plus « hygiéniques » que les méthodes traditionnelles.

L’oeuf est le meilleur aliment protéique sur le plan du rapport coût/qualité, fait valoir le Pr Alain Rérat (Académie de Médecine), assurant que la valeur nutritionnelle de l’oeuf « ne dépend pas des méthodes d’élevage ».

Avec 15,2 milliards d’oeufs de consommation pondus en 2003 (920.000 tonnes), la France est le premier producteur de l’Union européenne, précise Pascale Magdelaine (Institut Technique de l’Aviculture, Paris).

« L’élevage industriel est souvent critiqué par rapport à l’élevage fermier tellement vanté », a regretté le Pr Rérat devant la presse, insistant sur les meilleurs contrôles sanitaires dans les « élevages modernes », notamment pour prévenir le risque de salmonellose (toxi-infection alimentaire).

Et d’ajouter que dans « les élevages dits fermiers », qui seraient situés à proximité d’un incinérateur à ordures « vétuste », les poules risquent de manger des vers ayant eux-mêmes absorbé des résidus de dioxine polluant les sols.

« Le retour aux méthodes d’élevage en poulailler ou +au sol+ ne pourrait être que préjudiciable, tant au plan sanitaire qu’à celui des coûts de production », a-t-il affirmé, alors que plusieurs experts français s’inquiètent des conséquences d’une directive européenne (loi) adoptée en juillet 1999.

Elle fixe de nouvelles normes pour la cage aménagée (superficie minimale de 750 cm2 par poule, présence d’un nid, litière permettant picorage et grattage, perchoir) applicables dès 2002 aux nouvelles installations et à partir de 2012 pour l’ensemble de celles-ci.

« Sous prétexte de bien être animal », la nouvelle réglementation risque, selon le Pr Rérat, de s’avérer « très coûteuse » et d’entraîner des délocalisations vers des pays n’appliquant pas les mêmes normes sanitaires.

« Certaines personnes gardent surtout l’image d’un animal privé de liberté dans une cage trop étroite, ne voyant jamais la lumière du soleil et nourri +artificiellement+ des provendes (mélange farines/graines, ndr) industrielles », résument Claude Callet et Jean-Claude Blum, directeurs de recherches honoraire à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique).

« Or, ces idées, généralement exagérées, ne renseignent en rien sur la composition de l’oeuf », ajoutent-ils, regrettant aussi que le consommateur ne s’inquiète que de « sa teneur en cholestérol », et « oublie sa réelle valeur diététique ».

Avec 250 oeufs par personne en 2003, le Français demeure l’un des plus gros consommateurs d’oeufs de l’UE, selon Pascale Magdelaine. Sans compter les « ovoproduits » inclus dans les plats, crèmes et gâteaux préparés par l’industrie agro-alimentaire.

Les « oeufs alternatifs » (plein air standard, Label rouge, biologique), représentent 23% des oeufs vendus en hyper et supermarchés et, compte tenu de leur prix plus élevé, 33 à 36% du chiffre d’affaires 2003 du rayon oeufs.

Riche en acides gras poly-insaturés, notamment en oméga 3, et à haute teneur en vitamines A, D et E, l’oeuf est un « aliment recommandable », selon le Pr Rérat. La consommation d’herbes par les poules contribue à la teneur en acides gras du type oméga 3, reconnaît Bernard Sauveur (INRA), précisant que l’élevage industriel peut aussi adapter l’alimentation des volailles.

Quant au risque d’allergie, si celle-ci est, selon Jean-Marie Bourre, « spectaculaire chez l’enfant, elle est peu grave et disparaît généralement en quelques années ».

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Institut national de la recherche agronomique (INRA)
http://www.corse.inra.fr/

Commentaires