France : Les économistes voient 1,8% de croissance en 2002

PARIS, 25 octobre (Reuters) – La croissance de l’économie française devrait ralentir à 1,8% en 2002 après 2% en 2001, principalement en raison des effets des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis et de la remontée du chômage, selon l’enquête trimestrielle réalisée par Reuters auprès de vingt économistes.

Ces prévisions médianes sont légèrement inférieures à celles du gouvernement qui prévoit une croissance de 2,1% cette année et située entre 2,25% et 2,5% pour l’an prochain.

Les plus optimistes sont le Crédit agricole (respectivement 2,1% et 2,4%) et Natexis Banques populaires (2,2% et 2,3%), alors que les économistes de la Société générale sont les plus pessimistes avec une croissance attendue à 0,8% seulement en 2002 après 2% cette année.

Les économistes, interrogés du 10 au 24 octobre, estiment généralement que la hausse du chômage – son taux médian remonterait de 9% à 9,3% de la population active l’an prochain – devrait ralentir la consommation des ménages, laquelle ne progresserait plus que de 1,7% en 2002 après 2,5% en 2001.

Forte dégradation du moral des patrons

Ils y ajoutent la forte dégradation du moral des entrepreneurs, qui va peser sur l’investissement tant cette année que l’an prochain.

« Les patrons de PME français n’ont pas connu depuis huit ans de baisse aussi brutale de leurs prévisions », affirme La Tribune en présentant mercredi son baromètre mensuel.

Les exportations françaises devraient en outre subir le contrecoup de la dégradation de la conjoncture internationale après les attentats du 11 septembre et du ralentissement brutal de l’économie de l’Allemagne, principal partenaire de la France.

« La situation des entreprises se détériore avec une augmentation de l’endettement, une baisse des marges et des capacités de production. L’investissement, qui devrait se situer en hausse de 5 à 6% cette année, pourrait baisser de 3% en 2002 », estime Olivier Gasnier, économiste à la Société générale. Sa baisse pourrait cependant n’être que de 1% si la consommation des ménages se tient mieux que prévu dans les prochains mois, comme cela a été le cas en septembre, ajoute-t-il.

« L’économie française souffre de l’impact de la crise internationale et plusieurs secteurs comme ceux du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration sont touchés. La confiance des ménages et des patrons baisse fortement et cela aura un impact sur la croissance au second semestre et au début de l’année prochaine », explique Nicolas Sebczak, économiste euro chez Goldman Sachs.

L’inflation est maitrisée

Dans une étude publiée mercredi, l’institut de prévision BIPE a révisé en forte baisse ses estimations de croissance sectorielle pour la France afin de tenir compte de l’impact des attentats. Les producteurs de biens intermédiaires (chimie, métaux ferreux et non-ferreux et matériaux de construction) et de biens d’équipements seraient les plus touchés, selon les experts du BIPE qui anticipent un ralentissement plus modéré dans les biens de consommation et les services.

Selon Nicolas Sebczak, la croissance française ne devrait pas rebondir rapidement en 2002. Elle n’atteindrait que 1,3% (après 1,9% cette année) et la consommation des ménages n’augmenterait plus que de 1,4% (contre 2,4%). Même sentiment chez Exame où on ne chiffre aussi qu’à 1,4% l’augmentation des dépenses des consommateurs l’an prochain.

Pourtant, tous les économistes sont en phase sur un point : la désinflation va se poursuivre en France avec une hausse des prix de détail ramenée à 1,7% cette année, puis à 1,5% l’an prochain. Elle est déjà de 1,5% en année mobile à la fin septembre. /GD

Source : Reuters

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