France : l’industrie agroalimentaire a bien résisté aux crises sanitaires

26 avril 2001 – L’année 2000 a incontestablement été « une année très chahutée » pour l’industrie agroalimentaire française en raison des crises sanitaires. Le secteur a cependant bien résisté, selon Victor Scherrer, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires. Avec un chiffre d’affaires de 825 milliards de francs en 2000, soit deux fois plus que l’automobile et ses sous-traitants, « nous avons confirmé notre croissance », le secteur (412 000 salariés) a poursuivi les créations d’emplois (+1,7%) pour la quatrième année consécutive et le solde net du commerce extérieur s’est maintenu à 55 milliards de francs. La production alimentaire a encore crû (+0,9%), mais dans une proportion moindre qu’en 1999 (+1,7%).

Cependant les dangers se précisent, avec une montée en puissance de l’agressivité commerciale de l’industrie alimentaire américaine (9% des parts de marché), qui peu à peu grignote l’écart avec la France au premier rang mondial (10% des parts de marché). A cela il faut ajouter un impact vraisemblablement plus lourd des crises sanitaires en 2001, pour le secteur des viandes en particulier. Conséquence de la crise de la vache folle, les importations progressent (oléagineux pour remplacer les farines de viande), un poste alourdi par la hausse des matières premières tropicales. Autre facteur d’inquiétude, la poursuite de la baisse des dépenses consacrées à l’alimentation (16,4% du budget des ménages en 1999), alors que les prix augmentent (+3,9% en 2000 contre 1,3% pour l’indice d’ensemble). Les Français dépenseront bientôt plus pour se soigner (15,2%) que pour se nourrir.

Pour mieux affronter les difficultés, l’industrie alimentaire prévoit d’accroître ses investissements en 2001 (+8%) prioritairement dans les domaines de la sécurité sanitaire et de l’environnement (700 millions de francs en 2000). De nombreux chantiers ont été ouverts pour accroître la confiance du consommateur, parmi lesquels la mise au point d’un guide de bonne conduite avec les industriels de l’alimentation animale, une expérience nouvelle consistant à glisser dans les produits laitiers et les charcuteries des capteurs, qui révèlent les points faibles de la chaîne du froid et la mise en garde des populations fragiles (femmes enceintes, personnes immuno-déprimées) contre les risques sanitaires.

Source : Les Echos – Marie-Josée Cougard

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