France : manifestation contre la réforme de la PAC

Paris (France), 27 mai 2003 – La journée d’action de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs pour protester contre le projet de réforme de la Politique agricole commune (PAC) a réuni environ 20 000 paysans dans les quatre lieux de rassemblement prévus en France.

Au total, entre 18 000 à 19 000 agriculteurs (selon la police), entre 34 000 et 36 000 (selon les organisateurs) ont manifesté au moment où se tenait à Bruxelles un Conseil des ministres européens de l’Agriculture.

« Je suis agréablement surpris, l’objectif est réussi », s’est réjoui Jérôme Despey, président des Jeunes Agriculteurs, à Montauban (sud-ouest). D’autres manifestations étaient organisées à Laval (ouest), Saint-Etienne (centre) et Contz-les-Bains (est).

« Nous avons mis symboliquement à l’eau le projet Fischler –représenté par des documents sur des palettes en bois– car nous avons un autre projet pour les paysans, c’est le revenu », a-t-il déclaré à l’AFP.

Le découplage total des aides directes aux agriculteurs à partir de 2004, qui ne lierait plus les subventions à la production mais à la surface d’exploitation, et la baisse des prix des produits agricoles, notamment du lait et des céréales, sont les points les plus controversés du projet de M. Fischler. Ce projet est soutenu par la Grande-Bretagne, mais une dizaine de pays, menés par la France et l’Espagne, y sont hostiles.

« Nous sommes de moins en moins nombreux, on installe de moins en moins de jeunes agriculteurs, nous devons trouver d’autres alternatives que celles proposées par M. Fischler », a lancé M. Despey, préconisant une politique « tournée vers l’acte de production, vers l’organisation commune des marchés, vers la préférence communautaire et la défense des revenus ».

De son côté, le président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), Jean-Michel Lemétayer, a expliqué que les agriculteurs combattaient « une logique qui est celle de prix toujours plus bas. Il faut arrêter l’hémorragie de la baisse des prix pour garder un avenir aux centaines de milliers de paysans français, et aussi européens ».

On demande aux agriculteurs « d’assurer plus de qualité, plus d’environnement, plus de bien-être animal et bien entendu plus de sécurité alimentaire », a relevé M. Lemétayer, depuis Laval, ville qui a rassemblé le plus grand nombre de manifestants (18 000 selon la FNSEA).

« Ce que nous propose la Commission européenne aujourd’hui, c’est l’ultra-libéralisme, le prix mondial le plus bas qui ne permet pas de garantir des produits de qualité », a renchéri M. Despey, soulignant le « ras-le-bol des paysans de cette politique dictée par les Américains ». Etre soumis à une politique agricole et à des pays ultra-libéraux « condamnerait les paysans d’Europe et ceux des pays en développement », a ajouté M. Lemétayer.

« Les paysans ne veulent pas d’une politique de la chaise allongée, où les paysans toucheraient un chèque de compensation sans aucun lien avec leur production », a-t-il martelé. « C’est de la valeur ajoutée de notre production que nous voulons, bien plus que des aides, car ce ne sont pas les aides qui créent des emplois », a-t-il dit.

M. Fischler souhaite que son projet soit adopté lors du Conseil des ministres de l’Agriculture les 11 et 12 juin à Luxembourg. Mais les adversaires du plan ne voient pas d’urgence à cette réforme. « La bonne date sera celle qui sera bonne pour les paysans français », a averti le ministre de l’agriculture français, Hervé Gaymard.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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