France : plan de lutte contre la tremblante du mouton

France, 20 mars 2002 – François Patriat, nouveau ministre de l’Agriculture, a présenté un plan de lutte contre la tremblante du mouton, qui ressemble fortement au dispositif de sécurité appliqué aux troupeaux atteints par la vache folle. L’ambition du gouvernement en la matière est d’éradiquer cette maladie, qui toucherait 2% du cheptel français.

La France sera ainsi le premier des quinze pays membres de l’Union à franchir le pas, mais, comme pour l’ESB (encéphalite spongiforme bovine), elle entend bien rallier les autres à son point de vue. A ce stade, aucune découverte scientifique ne prouve que la tremblante du mouton, inoffensive pour l’homme et dont les symptômes s’apparentent à ceux de la maladie de la vache folle, puisse cacher des cas d’ESB. Mais les chercheurs continuent de se poser des questions et l’Agence de sécurité sanitaire des aliments a d’ailleurs rendu, il y a deux semaines, un avis enjoignant d’accroître la surveillance et de poursuivre les recherches.

Le plan « tremblante » prévoit la réalisation de 100.000 tests aléatoires de dépistage sur les ovins à l’abattoir et à l’équarrissage, un programme de sélection génétique sur trois ans des béliers résistants à la maladie et des tests génétiques sur les animaux des troupeaux, où un cas a été identifié et l’abattage de toutes les bêtes sensibles. Les éleveurs seront indemnisés « à la hauteur de la valeur de remplacement des animaux ». Le ministère de l’Agriculture précise que la sélection des reproducteurs résistants à la tremblante se fera sur la base de tests sanguins, qui n’existent ni chez les caprins ni chez les bovins. Elle permettra d’éradiquer la tremblante en quelques années et de dresser « un rempart solide contre un éventuel risque d’ESB (vache folle) chez le mouton ».

Par ailleurs et comme cela avait déjà été dit, la moelle épinière sera retirée des carcasses des animaux âgés de plus de 6 mois à compter du 1er juillet. C’est déjà le cas sur les ovins de plus de 12 mois partout en Europe. Les cervelles de moutons de plus de six mois sont interdites depuis le 1er janvier. Le retrait des intestins, qui servent à la fabrication des merguez et des saucisses sera tranché après avis du comité scientifique directeur européen vraisemblablement en avril. Ce plan, entièrement financé par l’Etat, « coûtera cher, très cher », dit-on au cabinet du ministre, mais aucun chiffre n’est avancé.

« Conscient de l’efficacité partielle de mesures unilatérales » du fait de l’importance des importations (60% de la consommation en France) et des échanges en Europe entre pays pour la plupart touchés par la tremblante et la maladie de la vache folle, le gouvernement souhaite « l’adoption rapide de mesures de précaution harmonisées au niveau communautaire ».Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture et la Direction générale de la consommation de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) préparent un système de trçabilité et d’étiquetage de la viande ovine proche de celui qui existe dans la viande bovine. Il fera l’objet de deux décrets.

Source : Les Échos

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