France : récolte de blé médiocre

France, 12 septembre 2001 – La récolte de blé ne sera à l’évidence pas à la hauteur des ambitions que les opérateurs français pouvaient légitimement nourrir depuis que le prix européen permet d’exporter au cours mondial. La production est en baisse de 13,4% à 31,1 millions de tonnes. « C’est suffisant pour garantir l’approvisionnement des marchés traditionnels en Afrique et à Cuba », dit l’Onic (Office national interprofessionnel des céréales). Cela ne le sera pas pour saisir les nouvelles opportunités de marché dégagées par la baisse du prix du blé communautaire. Une coïncidence malheureuse et décevante, que compliquerait encore une évolution défavorable de la parité euro-dollar. Cela étant, la baisse du dollar provoquée par les attentats aux Etats-Unis ne sera vraisemblablement que de courte durée. Les économistes sont unanimes sur ce point.

La France prévoit exporter 5 millions de tonnes vers les pays tiers (- 14%) et 8,9 millions de tonnes sur l’Union européenne, soit 2 millions de moins qu’en 2000-2001, une campagne il est vrai historique. Le bétail aussi devra restreindre ses appétits en blé, dont seulement 5,8 millions de tonnes serviront à cet usage contre 6,8 millions de tonnes l’an passé. Une évolution qui profitera au maïs et à l’orge, dont les incorporations dans l’alimentation animale devraient augmenter. La meunerie et l’amidonnerie devraient pour leur part absorber 7 millions de tonnes de blé français.

La qualité du blé a moins souffert de l’abondance des pluies que certains avaient pu le craindre. Néanmoins le taux de protéine a baissé par rapport à l’année dernière de 11,4% à 11%, alors précisément que les importateurs sont devenus exigeants sur ce point et reprochent volontiers aux blés français de ne pas être assez riches pour la fabrication du pain. En revanche et de façon assez surprenante, le taux de blé germé (défini par l’indice de chute de Hagberg) est nettement meilleur qu’en 2000-01, affirme l’Onic, qui juge la qualité supérieure à l’an passé.

Le bilan est toutefois extrêmement hétérogène sur ce plan selon les régions. Le sud de la France est au-dessus du taux national de protéines, tandis que la Beauce est au taux moyen. Le Nord et l’Est ont sensiblement amélioré la qualité de leur production, l’ouest, qui produit du blé pour le bétail, restant bon dernier.

Source : Les Échos

Commentaires