France : rupture des négociations sur le prix du lait

Paris (France), 27 avril 2005 – La réunion du « comité du suivi » de l’accord national sur le prix du lait s’est terminée par une rupture entre les producteurs et les industriels, a annoncé à l’AFP un porte-parole de la Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FNPL).

« Suite à cette rupture, nous allons réunir jeudi le conseil d’administration de la FNPL pour décider quelle va être l’action des producteurs », a ajouté ce porte-parole.

« Ces difficultés sont fondamentalement liées aux conséquences de la réforme de la Politique Agricole Commune », a estimé pour sa part, dans un communiqué, la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL).

La FNCL affirme, dans ce communiqué, qu’elle va rechercher « au sein de l’interprofession les mécanismes structurels d’adaptation de la filière » à cette nouvelle donne économique.

Les producteurs et industriels laitiers avaient souhaité, le 13 avril dernier, que cesse la guerre des prix qui oppose le groupe coopératif Sodiaal (marque Candia) et le groupe privé Lactalis (marque Lactel), les deux plus importants collecteurs de lait en France avec respectivement 1,6 milliard et 1 milliard de litres de lait par an.

Ils leur avaient demandé de suspendre pour le mois de mars la baisse supplémentaire de 3 euros que ces deux entreprises avaient imposé aux producteurs, ramenant le prix moyen payé aux alentours de 300 euros pour 1 000 litres collectés. L’accord national conclu pour 2005 prévoyait auparavant uniquement une baisse annuelle de 2,20 euros/1 000 litres.

Mais Sodiaal, en difficultés économiques, s’estime dans l’incapacité de poursuivre plus longtemps cette suspension d’une baisse supplémentaire du prix qu’elle paye aux producteurs auprès desquels elle collecte du lait.

Son rival Lactalis, qui n’est pas signataire de l’accord national mais qui le respectait jusqu’au mois dernier, avait demandé, mardi dans un communiqué, que Sodiaal mette « un terme définitif dès avril au prélèvement de 3 euros/1 000 litres réalisé auprès de ses producteurs depuis janvier ».

« Si tel n’était pas le cas, Lactalis serait évidemment conduit à reconsidérer sa position », menaçait le groupe de Laval (Mayenne).

Les producteurs, décidés a ne pas être les victimes de ce conflit et à supporter une nouvelle baisse du prix qui leur est payé pour leur travail, ont préféré la rupture des négociations à la signature d’un aménagement de l’accord national en leur défaveur.

En quittant la réunion mercredi soir, la FNPL a laissé planer la menace de manifestions et d’actions chez les industriels à seulement un mois du référendum sur la Constitution européenne.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération internationale des producteurs de lait (France)
http://www.cniel.com/QuiFait/Fede/FNPL/fnpl.html

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