France : Yves Cochet réclame un débat sur les OGM

Paris (France), 23 août 2001 – Le ministre de l’Environnement, Yves Cochet, réclame un débat sur la culture des OGM en plein champ, au lendemain d’une nouvelle opération de la Confédération paysanne dans le Gard contre une exploitation expérimentale du groupe américain Monsanto.

L’écologiste, qui vient de bousculer le gouvernement sur d’autres dossiers sensibles, en s’opposant notamment à la réouverture du tunnel du Mont-Blanc, condamne néanmoins « les actes illégaux » des amis de José Bové.

« En revanche, sur le fond, je crois que les problèmes posés par la Confédération paysanne sont de vrais problèmes et qu’un débat sur la finalité et les objectifs de la culture en plein champ des OGM est indispensable », a-t-il déclaré sur France 2.

Le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany, a adopté pour sa part une attitude prudente sur le dossier, prônant la « méfiance » vis-à-vis des OGM mais condamnant aussi l’action commando de la veille et plaidant pour la poursuite de la recherche sur les

OGM

« La France est un Etat de droit et personne ne peut s’arroger le droit d’aller détruire quelque chose qui ne vous plairait pas », a-t-il dit.

La Confédération paysanne demande que les expérimentations et essais de cultures transgéniques aient lieu en site confiné, et non en plein champ.

Elle a décidé de lancer une nouvelle campagne contre les OGM après la publication d’un avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) révélant la présence de traces d’OGM dans des échantillons de maïs conventionnels.

Le 28 juillet, José Bové avait appelé à la « désobéissance civile » si le ministère ne procédait pas lui-même à la destruction des parcelles de cultures transgéniques expérimentales sur le territoire français avant le 12 août.

Fenêtre ouverte sur la recherche

Mercredi, environ 150 militants anti-OGM ont arraché des plants de maïs transgénique dans une exploitation du groupe biotechnologique américain Monsanto à Beaucaire (Gard).

Le groupe a dénoncé « avec la plus grande vigueur » cette action illégale et a demandé au gouvernement de protéger les champs d’expérimentation.

« Cet acte inqualifiable de délinquance porte atteinte à la liberté des recherches qui sont menées, paradoxalement, dans le but de répondre justement aux interrogations légitimes posées par les scientifiques et la société civile sur les OGM », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Roger-Gérard Schwartzenberg, ministre de la Recherche, a également déploré ces arrachages, affirmant que la France devait éviter « deux excès contraires: l’aventurisme et l’obscurantisme ».

Les pouvoirs publics ont défendu jusqu’à présent ces recherches en soulignant qu’elles permettaient d’évaluer les risques et de soutenir l’industrie.

Yves Cochet a toutefois souligné que la Confédération soulevait un vrai problème en mettant en avant les dangers de la culture expérimentale en plein champ.

« Il est très difficile, sauf si précisément c’est en milieu confiné ou dans certaines régions très isolées, de pouvoir ne pas mélanger les OGM avec les autres. Ce problème est posé, il faut le résoudre de manière démocratique, qu’il y ait un débat sur ce point », a-t-il déclaré.

Néanmoins, Yves Cochet a estimé que « la recherche doit continuer », même si c’est en milieu confiné comme le demande José Bové.

Jean Glavany a également estimé qu’il fallait laisser « la fenêtre ouverte sur la recherche ».

« Autant je suis méfiant et prudent sur les OGM, autant je pense qu’il faut laisser la fenêtre ouverte sur la recherche », a-t-il précisé.

Dans l’état actuel des connaissances, le ministre de l’Agriculture a indiqué qu’il « n’était pas question » de lever le moratoire sur les nouvelles variétés de plantes institué en 1998.

Source : Reuters

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