Gérer l’offre et la demande en eau au Canada : une priorité

Ottawa, 6 novembre 2003 – Selon le rapport présenté par le Comité sénatorial permanent de l’agriculture et des forêts, la bonne gestion de l’offre et de la demande en eau constitue l’un des défis les plus importants qu’auront à relever les secteurs canadiens de l’agriculture, des forêts et d’autres secteurs ruraux en raison du changement climatique. Le Comité estime en effet qu’il est essentiel de faire de la recherche, de la gestion et de la planification en eau des priorités nationales.

« Nous savons tous que le changement climatique entraînera des répercussions sur notre approvisionnement en eau, a déclaré le sénateur Donald Oliver, président du Comité. Or, la disponibilité en eau touche tous les secteurs du Canada rural, et ces secteurs devront faire concurrence aux régions urbaines. Pour trouver des solutions aux conflits éventuels d’utilisation de l’eau, il devra y avoir collaboration entre tous les niveaux et tous les secteurs de la société. »

Le rapport unanime du Comité, intitulé Le changement climatique : nous sommes menacés, résume les onze mois d’études du Comité et analyse les effets du changement climatique sur les secteurs canadiens de l’agriculture et des forêts, les communautés rurales et les peuples autochtones. Le Comité a également étudié les mesures en cours pour s’adapter à l’évolution des conditions climatiques.

« À quel type d’impact devrions-nous nous attendre? La prolongation des saisons de croissance et la hausse des températures pourraient accroître la productivité agricole et forestière du Canada, a affirmé le sénateur Jack Wiebe. Par exemple, on cultivera sans doute à plus grande échelle le maïs et le soya dans les régions atlantiques. D’un autre côté, l’apparition de nouveaux parasites et l’occurrence de phénomènes climatiques extrêmes – sécheresses, inondations et feux de forêt – risquent d’annuler ces avantages. »

« Voici un autre exemple. En Colombie-Britannique, les hivers ne sont pas assez froids pour éliminer le dendroctone du pin. Ce parasite s’est donc multiplié et a causé d’énormes ravages dans les forêts. Et plus il y a de bois mort dans une forêt, plus le risque d’incendie est élevé. Cette séquence d’événements illustre bien l’importance de la recherche à l’échelle locale, grâce à laquelle on peut tirer des conclusions pertinentes sur le type d’impact auquel on peut s’attendre et sur les endroits où on les ressentira le plus. »

Après avoir passé plus de 70 heures à écouter les témoignages de 109 personnes en 32 réunions et dans quatre provinces, le Comité formule les sept recommandations suivantes :

  • Le gouvernement fédéral doit faire de la recherche sur l’eau une priorité nationale et se concentrer particulièrement sur des scénarios d’offre et de demande, sur la gestion et la planification à l’échelle locale et sur les mesures d’adaptation, y compris celles portant sur les infrastructures.
  • Le gouvernement fédéral doit assumer un rôle de leader en coordonnant les études sur le changement climatique avec les autres activités relatives au changement climatique et à l’adaptation en cours au Canada, afin que les Canadiens continuent de participer au processus d’adaptation.
  • Le gouvernement fédéral doit augmenter de façon considérable le financement de la recherche sur les impacts du changement climatique et l’adaptation.
  • Le gouvernement fédéral doit élargir le rôle du Réseau canadien de recherche sur les impacts climatiques et l’adaptation et lui accorder davantage de fonds.
  • Le gouvernement fédéral doit lancer un programme de communication pour informer les Canadiens des risques et des défis qu’entraîneront le changement climatique et ses impacts sur les forêts, les exploitations agricoles, l’eau, les écosystèmes et les communautés rurales.
  • Le gouvernement fédéral doit concevoir un programme de protection du revenu agricole réaliste, applicable à long terme, qui tienne compte des risques liés au changement climatique, afin d’aider les producteurs agricoles à tirer profit des possibilités que présente le changement climatique.
  • Le gouvernement fédéral doit procéder à des examens réguliers et systématiques de ses programmes et de ses politiques, en cours et nouveaux, afin d’évaluer s’ils tiennent suffisamment compte des risques et des débouchés du changement climatique. Dans le cadre de ces examens, les ministres devraient se réunir en table ronde tous les deux ans et faire rapport de leurs conclusions aux deux chambres du Parlement.

    « À elle seule, la mise en oeuvre du protocole de Kyoto ne réussira pas à freiner, et encore moins à renverser, le réchauffement planétaire, a déclaré le sénateur Oliver. Nous devons arrêter de faire semblant qu’il est possible de tout régler en nous limitant à des exercices théoriques sur les puits de carbone et les échanges de droits d’émission. »

    Parmi les membres du Comité de l’agriculture, on retrouve : les sénateurs Donald Oliver (président), John (Jack) Wiebe (vice-président), Thelma Chalifoux, Jospeh A. Day, Joyce Fairbairn, c.p., Elizabeth Hubley, Laurier L. LaPierre, Leonard J. Gustafson, Marjory LeBreton, Pierrette Ringuette et David Tkachuk.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Comité de l’agriculture et des forêts du Sénat du Canada
    http://www.senate-senat.ca/agfo.asp

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