Grippe aviaire : la filière avicole frappée en Asie, vigilante ailleurs

Paris (France), 23 septembre 2005 – Alors que la grippe aviaire a entraîné en Asie la mort de millions de volatiles depuis 2003, les éleveurs de volailles des pays touchés subissent de plein fouet les conséquences économiques de l’épizootie, tandis que ceux des pays épargnés restent vigilants.

L’Asie du Sud-Est (un quart des échanges mondiaux de volailles en 2003) souffre notamment de la décision d’un grand nombre de pays de cesser les importations en provenance de cette zone.

L’Union européenne (UE) n’importe plus depuis 2004 de volailles de plusieurs pays asiatiques, auxquels se sont ajoutés le 12 août la Russie et le Kazakhstan. En 2003, elle importait 193.296 tonnes de volailles d’Asie (principalement Thaïlande) sur un total de 834.977 tonnes importées.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même évoqué le besoin d’indemniser les éleveurs du Sud-est asiatique qui ont dû abattre 50 millions de volailles.

En 2003, la Thaïlande assurait avec la Chine – respectivement quatrième et cinquième exportateurs mondiaux de volailles en 2003 – environ 15% des exportations mondiales (1,1 million de tonnes). Un an après, les exportations de volailles de la Chine chutaient entre 24% et 50%, selon les estimations, et celles de la Thailande de 66% après l’interdiction des importations par l’UE et d’autres pays.

Lors de l’épidémie de grippe aviaire du début 2004, quelque 9 millions de volailles ont été abattues en Chine. La perte économique pour l’industrie chinoise s’était élevée à plus de 22 milliards de dollars, selon le centre des épizooties de Chine.

L’Indonésie, où la grippe aviaire a tué des millions de poulets en 2004 et où l’épizootie n’est toujours pas éradiquée, n’a pas suivi les recommandations de l’OMS qui préconisait de tuer toutes les bêtes dans un rayon de 3 kilomètres autour d’un foyer d’infection.

Premier exportateur mondial de volailles (2,530 millions de tonnes en 2004), le Brésil est épargné mais envisage un système d’alerte, car les conséquences économiques seraient graves, selon le ministère brésilien de l’Agriculture.

Aux Etats-Unis (2ème exportateur mondial), où les risques sont pour le moment jugés faibles, la dernière épizootie sérieuse avec un virus analogue, en 1983-84, a coûté 65 millions de dollars avec 17 millions de volailles abattues.

En Europe, épargnée cette année, la plupart des pays ont recommandé à la filière avicole d’éviter les contacts entre les volailles et les oiseaux sauvages, parfois de les enfermer, mais aucun n’a adopté de plan d’urgence.

Les Pays-Bas, qui avaient contraint il y a un mois les éleveurs à enfermer leurs volailles, ont l’intention de remplacer cette obligation par des mesures plus souples, comme la mise en place de filets. Dans ce pays, 25 millions de volailles -le quart du cheptel- ont été sacrifiées en 2003 en raison de la grippe aviaire.

En France – premier producteur de l’UE, 3ème exportateur mondial – environ 20% des volailles sont élevées en plein air. Le gouvernement a recommandé certaines mesures aux éleveurs, comme éviter de nourrir les volailles hors des bâtiments.

Certains professionnels craignent néanmoins que d’autres mesures, comme la pose de filets de protection, aient un « coût considérable ». La filière foie gras redoute aussi qu’une obligation de confinement des volailles oblige les éleveurs « à abattre la moitié de leurs canards ou oies » faute d’installations adaptées. A ce jour, les ventes de volailles ne sont pas affectées dans l’hexagone.

En Allemagne, le gouvernement a annoncé début septembre que les volailles seraient examinées à titre préventif sur tout le territoire, sans préciser le coût de cette mesure. Trois Länder ont décidé depuis d’enfermer les volailles. La Pologne, la Belgique, la Lituanie ou la Croatie ont recommandé aux éleveurs d’être très vigilants.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Organisation mondiale de la santé (OMS)
http://www.who.int/

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