Hausse du prix du lait?

Ottawa (Ontario), 2 décembre 2004 – Disant avoir été durement touchés financièrement par la crise de la vache folle, les producteurs laitiers vont tenter d’obtenir une forte hausse des prix du lait la semaine prochaine.

Mais les consommateurs, qui s’inquiètent de voir le législateur accueillir favorablement cette demande, ne demandent pas moins que le gel des prix.

Les observateurs de l’industrie s’attendent à ce que les producteurs exigent une hausse de 10 à 15% devant la Commission canadienne du lait, mardi. Les producteurs laitiers affirment qu’ils ne diront rien de la hausse demandée avant de comparaître devant la commission.

« Nous vivons une pression financière énorme (en raison de l’encéphalopathie spongiforme bovine – ESB), a déclaré Wally Smith, porte-parole des producteurs laitiers. Nous ne pensons pas demander un montant exagéré pour renflouer les fermiers canadiens.»

Pour l’Association des consommateurs du Canada (ACC), cependant, si les producteurs de lait ont besoin d’argent, ils n’ont qu’à demander des subventions au gouvernement fédéral.

« C’est une demande ridicule et elle devrait être traitée comme telle», a déclaré l’ancien président de l’ACC, Mel Fruitman.

Selon lui, accorder une telle hausse reviendrait à imposer une taxe permanente sur la maladie de la vache folle. «Ce ne serait rien d’autre qu’une taxe cachée. C’est le consommateur qui paierait pour la crise», a ajouté M. Fruitman.

Une partie des revenus des producteurs laitiers provient de la vente de vaches et de veaux. Avant la découverte d’une vache atteinte d’ESB en Alberta, en mai 2003, les fermiers pouvaient obtenir autour de 700 $ pour une vache conduite à l’abattoir. Depuis, les prix ont chuté et ils n’obtiennent plus que 150 $.

La Commission canadienne du lait avait déjà refusé une demande semblable des producteurs de lait en juillet dernier. Mais le président de l’organisme, John Core, avait déclaré que la commission «allait appuyer un ajustement significatif des prix» et tiendrait compte de la crise lorsque les producteurs reviendraient devant elle ce mois-ci.

Pour sa part, le Conseil canadien des distributeurs en alimentation a comparu devant la commission et a manifesté son inquiétude devant la hausse envisagée.

« Nous ne sommes pas en faveur d’une telle hausse, a déclaré Kim McKinnon aux journalistes, après avoir livré son témoignage. Nous sympathisons avec l’industrie dans la crise de la vache folle, mais nous pensons que cette question devrait être traitée séparément.»

L’Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires abonde dans le même sens et met en doute les affirmations des producteurs voulant que le lait se vende près de 24% moins cher aux États-Unis. Au contraire, affirme l’association, qui fait état de chiffres indiquant que les prix du lait au Canada sont plus cher qu’aux États-Unis et dans la plupart des pays européens.

L’association demande ni plus ni moins que le gel des prix du lait pour cette année.

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association canadienne des restaurateurs et des services alimentaires (CRFA)
http://www.crfa.ca/

Commission canadienne du lait (CCL)
http://www.cdc.ca

Conseil canadien de la distribution alimentaire (CCDA)
http://www.ccgd.ca/

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