Il faut revoir les règles du jeu dans la chaîne agroalimentaire, plaide l’UPA

Montréal (Québec), 5 février 2004 – Alors que les Québécois bénéficient d’un panier d’épicerie parmi les moins chers des pays industrialisés, les producteurs agricoles ne cessent de voir leurs revenus s’effriter et croient que le moment est venu de revoir les règles du jeu dans la chaîne agroalimentaire québécoise.

Voilà la réflexion à laquelle le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, a invité ses concitoyens à l’occasion de la Journée de l’affranchissement alimentaire, date où le ménage québécois moyen a gagné assez d’argent pour pouvoir s’acquitter de toutes ses dépenses d’épicerie annuelles. En fait, cet événement arrive aujourd’hui même au Québec, soit deux jours plus tôt que pour la moyenne canadienne (le 7 février 2004).

Le président de l’UPA était accompagné, pour la circonstance, de MM. Marcel Groleau, vice-président de la Fédération des producteurs de lait du Québec, Michel Dessureault, président de la Fédération des producteurs de bovins du Québec, Langis Croft, président de la Fédération des producteurs d’agneaux et moutons du Québec, Pierre Chouinard, président de la Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec et Maurice Martineau, vice-président de la Fédération québécoise des producteurs de fruits et légumes de transformation.

M. Pellerin a par ailleurs expliqué que les gains de productivité réalisés par les agriculteurs au fil du temps sont passés dans la filière agroalimentaire, sans qu’ils en obtiennent leur juste part. De plus, entre 1997 et 2001, le prix versé à la ferme pour les produits agricoles a augmenté de seulement 2 % alors que le prix payé par le consommateur canadien pour les aliments a connu une hausse de 9 %.

Chiffres en mains et de nombreux exemples à l’appui, les représentants du secteur agricole s’interrogent sérieusement. Ils ont ainsi dévoilé qu’il en coûte 0,84 $ pour produire un sac de 10 livres de pommes de terre blanches, alors que le producteur en reçoit seulement 0,40 $. Sur les 3,19 $ que coûte ce même sac à l’épicerie, 2,79 $ (soit 87,5 %) passent dans la poche des intermédiaires, et ce, pour un produit qui subit très peu de transformation.

Dans le cas d’un litre de lait, le prix au détail a augmenté presque deux fois plus vite (22 %) que le prix payé au producteur (13 %). Ce dernier ne reçoit que 0,60 $ pour ce litre de lait, alors que son coût de production est de 0,73 $. Dans le cas de l’agneau, le prix versé à la ferme est de 6,38 $ le kilogramme, tandis que le coût de production est de 14,27 $. Un trop grand nombre d’intermédiaires, parfois non productifs, empochent 80,7 % du prix au détail.

Devant ces écarts, l’UPA et l’ensemble de ses affiliés vont mettre de l’avant, ces prochains mois, une vaste démarche pour pousser plus loin l’analyse afin de bien cerner les problématiques générales, sectorielles et régionales. Le but? Identifier des avenues de solution à court, moyen et long terme.

Les agriculteurs revendiquent que soient mieux répartis les bénéfices entre les différents maillons de la chaîne agroalimentaire. Pour ce faire, ils plaident la transparence de l’information à toutes les étapes de la commercialisation des produits depuis la ferme jusqu’au consommateur.

Rappelons que les producteurs agricoles traversent actuellement la pire crise du revenu de leur histoire. L’année 2002 s’est effectivement révélée catastrophique avec une chute du revenu net de quelque 50 % et les résultats de 2003 (avec, en toile de fond, la crise de la vache folle) n’augurent pas mieux.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Fédération des producteurs de pommes de terre du Québec (FPPTQ)
http://www.fpptq.qc.ca

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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