Il suffirait de peu de viande pour provoquer une épidémie dramatique

Toronto (Ontario), 19 janvier 2002 – Depuis le 11 septembre, personne n’ignore que le terrorisme n’a pas besoin d’être technologique. Ce constat inquiète d’ailleurs les vétérinaires et les travailleurs du secteur agroalimentaire.

Oubliez les fanatiques transformant des avions en bombes volantes. Il suffirait d’un peu de viande avariée jetée en pâture à des animaux d’élevage pour provoquer une épidémie aux conséquences dramatiques et coûteuses, ont mis en garde à Toronto des spécialistes prenant part à une conférence sur le terrorisme biologique.

« J’hésite même à parler de cela lors de forums publics », a reconnu Corrie Brown, directrice du département de pathologie vétérinaire du collège de médecine vétérinaire de l’Université de Géorgie.

Les rumeurs d’hommes au teint basané prenant des photos de parcs d’engraissement abondent aux Etats-Unis, a indiqué Linda Logan, directrice générale de la Commission sur la santé des animaux du Texas.

Mme Logan a dit ne pas savoir si ces rumeurs étaient fondées. Elle a toutefois reconnu qu’elle les prenait au sérieux.

Corrie Brown et Linda Logan faisaient partie d’un comité dirigeant une réunion sur le caractère vulnérable de la chaîne alimentaire et des sources d’approvisionnement en eau, lors de cette conférence devant durer toute la fin de semaine, à laquelle étaient conviés des chercheurs et législateurs des secteurs des maladies infectieuses, de la santé publique et des sciences vétérinaires.

La conférence, ayant pour objectif de trouver des idées, a été organisée par l’Institut des maladies infectieuses et immunitaires, l’un des Instituts de recherche en santé du Canada.

Les maladies animales d’origine naturelle – comme l’épidémie de fièvre aphteuse ayant duré près d’un an en Grande-Bretagne – pourraient être reproduites par des terroristes sans trop de peine et tout en limitant les risques personnels, ont mis en garde des conférenciers.

Les Canadiens n’ont qu’à se rappeler de la dernière épidémie de fièvre aphteuse survenue au pays pour réaliser à quel point ce serait facile, a indiqué Mme Brown. Cette épidémie, en 1952, a été imputée à un Européen venu travailler dans une ferme canadienne, et qui était en possession de saucisses faites de viande avariée.

Source : Presse Canadienne

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