Impasse au sommet de l’ONU sur le développement durable

Nusa Dua (Indonésie), 6 juin 2002 – La dernière réunion préparatoire au sommet de l’ONU sur le développement durable de Johannesburg se trouvait dans l’impasse alors que des écologistes accusaient les États-Unis et leurs alliés d’avoir bloqué tout accord.

Cette réunion, sur l’île touristique de Bali (Indonésie), ne devrait pas déboucher, « sauf miracle » sur un accord global, a reconnu l’ONU.

Elle avait été présentée comme d’une importance cruciale pour la réussite du sommet de Johannesburg, fin août, surnommé « Sommet de la Terre II », auquel devrait participer plus d’une centaine de chefs d’Etats.

Mais malgré dix jours de réunion, et les pressants appels à trouver un consensus, plus de 3.000 délégués n’étaient pas parvenus à 24 heures de la fin de la rencontre à un accord sur un programme d’action à soumettre à Johannesburg, visant à assurer un développement préservant l’environnement.

Les discussions achoppent sur quelques dossiers clefs, notamment en matière d’échanges commerciaux et de financement, selon un responsable de l’ONU, Lowell Flenders.

« Il semble qu’il y a une impasse sur les problèmes des échanges commerciaux et du financement », a-t-il dit.

Les dossiers en suspens devraient être discutés à Johannesburg, faute d’un accord, « à moins d’un miracle entre aujourd’hui et demain (vendredi), ce qui pourrait intervenir avec une session de nuit », a ajouté Lowel Flenders.

Depuis mercredi, 118 ministres discutent de leur coté des modalités d’application et des éléments d’une déclaration politique devant être adoptés à Johannesburg.

Le programme d’action est centré sur cinq dossiers, eau, énergie, agriculture, biodiversité et écosystèmes, ainsi que santé.

Des responsables ont indiqué que les Etats-Unis sont réticents à augmenter l’aide financière aux programmes de lutte contre la pauvreté et de protection de l’environnement au delà de ce qui avait été promis lors d’une réunion, il y a deux mois, à Monterey (Mexique), et s’opposent à l’Union européenne et aux pays en voie de développement.

Des organisations écologistes ont accusé plusieurs pays développés, Etats-Unis en tête, d’avoir sabordé la réunion.

« Les pays conduits par le plus grand pollueur mondial sont en fait tranquillement et doucement en train d’amener ce processus à une impasse », a accusé Athena Ronquilla de la coalition Eco, regroupant Greenpeace, les Amis de la terre et Consumer International.

« Ils sont venus à Bali sans mandat pour négocier sur de nouveaux financements, objectifs ou échéances, et après près de deux semaines de négociations, ils parviennent à arriver à la conclusion que ce sont les pays en voie de développement qui doivent être condamnés pour le manque de progrès ».

Les Etas-Unis et d’autres pays riches comme le Japon, l’Australie et le Canada sont réticents à l’idée de fixer de nouveaux objectifs et de nouvelles échéances.

Selon l’ONU, 1,2 milliard d’hommes et de femmes vivent encore sous le seuil de pauvreté et 1,1 milliard n’ont pas accès à l’eau potable et à l’électricité.

Le sommet de Johannesburg interviendra dix ans après le premier Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, dont les principaux objectifs n’ont pas été atteints.

Le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) vient de dresser un sombre tableau de l’état de la planète à l’horizon 2032, en soulignant les dangers notamment d’une pénurie d’eau pour la moitié de la population mondiale.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Les Amis de la terre de Québec

http://www.clic.net/~atquebec/

Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE)

http://www.unep.org/

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