Bien gérer la mangeoire

Une meilleure gestion de la mangeoire a pour objectif d’éviter l’acidose subclinique ou clinique qui peut entraîner des variations de consommation qui nuisent au gain et à l’efficacité des bovins. Elle peut même éventuellement causer leur mort.

En début de finition ou de lactation, les bouvillons ou les vaches laitières doivent être alimentés de la même manière à une heure précise. Les bovins possèdent une bonne mémoire à court terme et la dérogation à cette règle peut occasionner des effets négatifs sur leur performance et santé. L’étendue des dommages dépendra de la fréquence et de l’ampleur des irrégularités dans les repas.

Les bovins prennent habituellement un gros repas en début de journée à la levée du jour et en fin de journée au coucher du soleil. Par contre, ils diminueront passablement leur consommation d’aliments en été durant le jour lorsque la température est élevée.

Puisque les rations utilisées en finition des bovins contiennent de grandes quantités de grain (85%), l’animal a de la difficulté à adapter sa consommation à son potentiel de performance et ne sait plus quand s’arrêter de manger. Si la ration leur est offerte à volonté, certains animaux auront un cycle de consommation irrégulier occasionné par de la surconsommation, des troubles digestifs et des périodes d’arrêt de consommation. Le graphique suivant démontre bien cette situation. Les veaux alimentés à volonté ont reçu et consommé plus d’aliments que les veaux dont l’alimentation était contrôlée. Les veaux ont fait le même gain journalier (1,75 kg/jour) dans les deux groupes. Cependant, il y avait plus de variations dans le gain journalier pour les veaux alimentés à volonté que ceux que l’on rationnait, donc moins d’uniformité dans les poids finaux d’abattage. Les veaux alimentés à volonté ont vécu plus d’épisodes d’acidose que les veaux rationnés, ce qui a nui à leur gain journalier et aurait même pu occasionner plus de mortalité. Ils ont consommé 12% plus d’aliments que les veaux rationnés.

La distribution de la ration en plusieurs repas par jour (deux à trois) diminue le triage et la surconsommation d’aliments. Elle laisse aussi plus de latitude pour corriger les erreurs, comparativement à un seul gros repas par jour. L’alimentation rationnée nécessite plus de gestion et d’observation. La personne qui alimente les animaux doit anticiper les variations de consommation causées par la température, le climat et les variations d’humidité des ensilages. Il doit éviter de réagir trop rapidement en fournissant plus d’aliments aux animaux qu’ils peuvent en manger. Lorsque la quantité est augmentée, il faut attendre un minimum de trois jours avant d’accroître la quantité. La mangeoire doit permettre à chaque bovin d’être alimenté en même temps. Une feuille de suivi facilite la gestion de la mangeoire et l’évaluation de ce qui reste dans la mangeoire doit toujours être effectuée à la même heure.

Source : Journal of Animal Science

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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