Avez-vous déjà pensé à laisser du lait aux vaches fraîchement vêlées?

Des vétérinaires ont validé un protocole de traite ajustée durant les cinq premiers jours de lactation. Cette traite ajustée vise à maintenir l’équilibre énergétique de la vache tout en réduisant le risque d’acétonémie.

En début de lactation, n’étant pas capable de manger suffisamment pour répondre à ses besoins, la vache puise à même ses réserves. La mobilisation des graisses corporelles augmente la concentration des corps cétoniques dans le sang et peut engendrer l’acétonémie. Cette maladie silencieuse présente peu de signes apparents, mais génère en moyenne des coûts de plus de 300 $ par cas.

Novalait a soutenu une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal pour valider un protocole de traite ajustée en conditions commerciales. Une cohorte de 850 vaches en provenance de 13 fermes laitières commerciales du Québec a participé au projet.

Le protocole de traite ajustée, qui consiste à recueillir une quantité limitée de lait par jour, est simple d’utilisation. Durant les trois premiers jours, on prélève 10 litres de lait par jour. Au jour quatre, on récolte 12 litres et finalement 14 litres au jour cinq. À partir du sixième jour, les vaches retournent à la traite complète.

Les résultats obtenus sont probants. Avec la traite ajustée, les risques d’acétonémie chutent de 57 % durant les jours quatre à sept en lait, comparativement aux vaches en traite complète. En prime, les concentrations sanguines en corps cétoniques demeurent plus basses jusqu’à la troisième semaine de lactation des vaches. Cette réduction de la dépense énergétique entraîne une amélioration du statut immunitaire des vaches en début de lactation et le taux de guérison naturelle des infections du pis s’en trouve doublé.

Vous êtes sceptiques et comme les producteurs laitiers du projet vous craignez les répercussions d’une traite incomplète sur le confort ou la production? L’étude conclut qu’il n’y a pas d’inconfort accru dû aux pis non vidés. En effet, les périodes de repos en position couchée étaient similaires dans les deux groupes de vaches. Le doute légitime sur la production laitière s’est également dissipé au cours de l’étude. Sur les 44 semaines de lactation, aucun impact négatif sur la quantité de lait corrigé (ajusté pour la matière grasse et la protéine) et sur le lait non corrigé n’a été mesuré. Les vaches retournent à un niveau de production normal dès la deuxième semaine de lactation à la suite d’une collecte réduite de lait durant les cinq premiers jours en lait, lorsque la fréquence de traite n’est pas modifiée.

Quelques analyses des impacts de la traite ajustée sur la mammite, la métrite ou la fertilité vont venir compléter les résultats. Parlez-en avec votre vétérinaire si vous désirez faire l’essai de ce protocole. La traite ajustée pourrait s’intégrer comme pratique préventive pour la gestion de l’acétonémie dans votre troupeau. Avec les systèmes de traite de plus en plus automatisés (robots, carrousels et salles de traite), le protocole de traite ajustée pourrait facilement être programmé et appliqué sans complexifier la routine de traite.

Article en collaboration avec Novalait.

*Les résultats détaillés concernant ce protocole de traite ajustée seront dévoilés lors du Symposium sur les bovins laitiers le 24 octobre 2017.

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