Jacques Chirac défend le « modèle agricole français »

Saint-Amant-Montrond (France) – Le chef de l’Etat a expliqué jeudi qu’il entendait « peser fortement » au cours de la présidence française de l’Union européenne afin que l’Europe « reste fidèle » aux « principes fondateurs » de la politique agricole commune.

Dans un discours prononcé devant les élus et les agriculteurs du Cher, réunis dans la salle des fêtes de Saint-Amand-Montrond, à 45km au sud de Bourges, le chef de l’Etat a réaffirmé son refus de voir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) remettre en cause la « vocation exportatrice » de l’Union européenne.

« Il est important que l’Europe ne perde pas de vue ses racines agricoles », a souligné Jacques Chirac.

Résumant la position qu’il avait défendue en mars 1999 lors du sommet de Berlin, quand les chefs d’Etat et de gouvernement européens s’étaient entendus sur la réforme de l’agriculture européenne pour la période 2000-2006, le président a expliqué que l’élargissement de l’UE dans les prochaines années « ne doit pas servir de prétexte à un affaiblissement de la PAC ».

Il a souhaité qu’une « concertation renforcée » se mette en place dès maintenant entre les organisations professionnelles et les gouvernements pour « fixer le cap au delà de 2006 », mais aussi « débattre des nouvelles formes d’aides au revenu » des agriculteurs.

A plus court terme, il a expliqué que l’avenir des organisations communes de marché (OCM) qui n’ont pas été traitées par l’accord de Berlin constituait une « priorité » de la présidence française. Il a notamment cité l’OCM sucre, « qui ne saurait être remise en cause », les fruits et légumes et la production ovine.

La sécurité alimentaire constitue une autre priorité de la présidence française dans le domaine agricole. Afin de mieux lutter contre les crises alimentaires, la France milite pour la création d’une Agence européenne de sécurité alimentaire au conseil européen de Nice, qui concluera la présidence française les 7 et 8 décembre prochains.

Jacques Chirac a expliqué que cet organisme, qui « ne se substituera pas aux instances nationales existantes », « sera un instrument d’alerte et d’évaluation des risques et facilitera la recherche d’un consensus sur des normes harmmonisées ».

Concernant les négociations à venir au sein de l’OMC après l’échec du sommet de Seattle en décembre 1999, Jacques Chirac a cité « trois points sur lesquels Français et Européens ne peuvent pas transiger »: la défense du principe de précaution, les principes de la PAC et l’ouverture des négociations aux pays en voie de développement.

« Nous ne sacrifierons pas nos OCM à l’OMC », a notamment lancé le président français, en estimant qu’une « dérégulation sauvage » des marchés agricoles serait une « hypocrisie » et une « erreur ». « Ceux-là même qui demandent à l’Europe de renoncer à ses aides ont, au cours des quatre dernières années, multiplié par cinq le soutien qu’ils apportent à leurs agriculteurs », a-t-il observé en pensant aux Etats-Unis.

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