La Chine continue à produire du coton transgénique

Pékin (Chine), 5 juin 2002 – La Chine continuera pour l’instant à produire du coton transgénique qui représente déjà 35% de sa récolte de coton, en dépit des dangers mis en évidence dans une récente étude gouvernementale.

« Il existe de nombreuses variétés de coton transgénique, et chaque variété a un effet différent sur l’environnement, nous allons donc continuer nos recherches avant de prendre des mesures », a déclaré M. Bai, un responsable du bureau de la diversité biologique de l’Administration nationale de la protection de l’environnement (SEPA).

Le responsable était interrogé sur les conclusions d’un rapport gouvernemental, présenté au début de la semaine lors d’un séminaire, sur les effets du coton transgénique sur l’environnement.

Selon le rapport rédigé conjointement par la SEPA et l’Institut de l’environnement de Nankin, le coton transgénique Bt, qui s’est avéré efficace pour contrôler le développement du charançon du cotonnier, encourage en revanche la prolifération d’autres insectes nuisibles.

Selon des chiffres officiels, le coton transgénique occupait déjà 1,5 millions d’hectares l’an dernier, représentant 35% de la récolte totale.

Des experts chinois cités par le rapport prédisent par ailleurs que l’efficacité contre le charançon du cotonnier ne durerait guère plus de 8 à 10 ans, en raison d’un phénomène de résistance de celui-ci face au coton transgénique.

« Les organismes et produits génétiquement modifiés doivent favoriser l’agriculture et de nombreuses industries, mais les gens doivent toujours tenir compte des effets à long terme et se préoccuper des répercussions sur l’environnement », a déclaré Zhu Qinquan, le président de la société d’agro-biotechnologie, cité par l’agence Chine nouvelle.

L’association de défense de l’environnement Greenpeace a également lancé un cri d’alarme face au coton transgénique Bt, dénonçant son « impact négatif sur l’environnement » cinq ans à peine après le début de sa production commerciale.

La Chine qui doit nourrir un cinquième de la population du monde avec seulement 7% des terres arables de la planète, s’intéresse de près aux produits génétiquement modifiés.

Elle a annoncé en avril dernier qu’elle préparait sa première législation sur la biotechnologie.

Source : AFP

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