La Commission européenne veut en finir avec les surplus de vin

Bruxelles (Belgique), 9 mai 2006 – La Commission européenne s’apprête à proposer une batterie de mesures pour réduire les excédents de vin de l’UE et accroître la qualité face à la concurrence de plus en plus forte des vins du Nouveau Monde.

Le secteur du vin, l’une des rares organisations de marché de la Politique agricole commune (PAC) qui n’ait plus été réformée depuis 1999, absorbe 1,3 milliard d’euros par an, essentiellement pour l’arrachage des vignes et la distillation des surplus en alcool utilisés comme carburant.

La commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, entend utiliser cet argent de manière plus utile.

« Nous dépensons trop d’argent, à peu près 500 millions d’euros, pour nous débarrasser de vin que nous ne pouvons vendre et garder l’alcool en entrepôt », a-t-elle déclaré la semaine dernière lors d’une conférence de presse en Espagne, troisième grand producteur de l’UE après la France et l’Italie.

L’UE reste le principal acteur sur le marché mondial du vin, puisqu’elle représente 60% de la production et de la consommation, mais la concurrence de vins chiliens, australiens ou argentins condamne à terme les produits de mauvaise qualité.

Ses marchés à l’exportation sont menacés et les consommateurs du Vieux Continent se laissent tenter par les vins du Nouveau Monde très typés et faciles à boire.

La principale idée de la Commission, qui présentera sa proposition le 21 juin, est de répartir une partie du budget européen en enveloppes nationales basées sur des références historiques de production, chaque Etat membre étant libre de choisir le meilleur moyen de contrôler sa production.

Selon des sources communautaires, cela incitera les capitales à réduire la production de masse, voire à abandonner certains vignobles, pour privilégier la qualité.

L’arrachage de vignes est utilisé depuis des années dans l’Union comme un instrument de réduction de la production et les nouvelles plantations sont strictement limitées jusqu’en 2010.

Les vignerons qui abandonnent la production recevraient une prime à l’hectare les obligeant à entretenir leurs terres.

Source : Reuters

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