La DEP bientôt disparue du Québec

Alors que l’Équipe québécoise de santé porcine (EQSP) présentait son bilan annuel lors de son assemblée générale, le président de l’organisation, David Boissonneault annonçait que « vraisemblablement d’ici deux ou trois semaines » l’EQSP annoncerait que « le virus de la DEP a été éradiqué du Québec ».

Entre le 6 novembre 2014 et 7 mai 2015, il y a eu 15 sites porcins contaminés avec le virus (une maternité, cinq pouponnières et neuf engraissements). « De ces 15 fermes, il n’en reste que deux à confirmer éradiquées », explique le coordonnateur de l’EQSP, Martin C. Pelletier.

Pour qu’une pouponnière ou un engraissement soit déclarée éradiquées, le lot de porcs infectés doit avoir été expédié. Le nouveau lot de porcs doit avoir été testé négatif trois semaines après l’entrée et de nouveau testé négatif trois semaines après le premier test. Les deux fermes qui restent à confirmées sont rendues à cette dernière étape. Si tout va bien, dans trois semaines, les fermes seront déclarées éradiquées.

« Nous sommes fiers de cet accomplissement, dit Martin C. Pelletier. Mais le virus est toujours présent aux États-Unis et en Ontario. Le risque est encore présent. Il faudra continuer avec vigilance et prévention. »

Martin C. Pelletier reconnaît que le Québec a eu la chance de voir venir la maladie avant qu’elle ne frappe la province. Le succès n’a cependant rien à voir avec la chance. C’est plutôt la coordination entre les différents intervenants (meuneries, abattoirs et éleveurs) qui a fait la différence. La coordination et la communication a permis d’élaborer et de mettre en place une stratégie. « Tout ça a permis d’avoir une stratégie cohérente qui a permis de mieux contrôler la maladie, ce qui n’existait pas avec le circovirus, dit Martin C. Pelletier. Avec tous les mouvements d’animaux, ça prend une coordination de haut niveau. »

Avec l’hiver qui frappe à nos portes, il ne faut pas baisser la vigilance. La saison froide est reconnue comme une période favorable pour la propagation de la maladie. La première ligne reste les vétérinaires qui sont appelés à faire tester tout troupeau présentant des signes suspects. La stratégie de détection dans les abattoirs reste tout aussi valable. « Deux des 15 cas ont été détectés grâce aux tests en abattoir », explique Martin C. Pelletier.

Martin C. Pelletier, qui a vécu l’expérience avec d’autres maladies dans la volaille, y a cru. « Ça ne veut pas dire qu’on va rester négatif », avise-t-il. Au cours de la dernière année, l’EQSP a reçu deux prix de reconnaissance pour l’excellence de son travail.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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