La FCEI demande aux gouvernements de mieux soutenir les PME agricoles

Montréal (Québec), 21 juin 2005 – La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a rendu public les résultats de sondages auprès des PME agricoles qui témoignent des malaises vécus par les acteurs du milieu. « On constate d’emblée que les entrepreneurs agricolescraignent pour leur revenu, croulent sous la paperasse et s’inquiètent de lahausse du coût des intrants ainsi que du fardeau fiscal global. C’est pourquoiles gouvernements doivent porter une oreille attentive à leurs préoccupationset déployer des solutions adaptées à leurs besoins et à leur réalité », aexpliqué monsieur Pierre Emmanuel Paradis, économiste principal de la FCEI-Québec.

Fait intéressant à noter, la pénurie de main-d’oeuvre est une questionplus sensible au Québec, tel que l’ont mentionné 55 % des répondants,comparativement à 37 % chez leurs voisines du reste du Canada.

Des revenus préoccupants
Quelque huit agriculteurs sur dix sont préoccupés par leur revenuagricole, et ce, malgré des résultats positifs en 2004 comparativement à ceuxdes deux années précédentes. En effet, le revenu net réalisé des agriculteursquébécois est remonté à 12,1 % de leurs recettes en 2004, par rapport à 6,9 %en 2002. Par ailleurs, presque 60 % des répondants reçoivent une forme d’aideou une autre de la Financière agricole du Québec. Somme toute, ils sont plutôtsatisfaits du soutien de cet organisme – c’est le cas de 60 % des répondants -sauf en ce qui a trait à la compréhension de leur réalité d’affaires, lesmontants de l’aide et la paperasse administrative exigée.

Un lourd fardeau réglementaire
« Il ne fait aucun doute que la qualité et la salubrité alimentaire soientrigoureusement encadrées par l’Etat. Cependant, certaines autres règlescausent de véritables mots de tête aux entrepreneurs agricoles » a indiquémonsieur Paradis. C’est le cas des règles environnementales et sur letransport qui, selon 80 % et 65 % des agriculteurs, respectivement, sontcoûteuses à appliquer.

Le rapport de recherche démontre aussi que l’inflation du coût deconformité est alarmante. Alors qu’il y a trois ans, 18 % des répondantsconsacraient plus de 15 % des frais d’exploitation au respect des règlesenvironnementales, cette proportion passe à 31 % aujourd’hui. Lorsqu’ils seprojettent dans trois ans, cette part bondit à 52 % des agriculteurs.

« Cette situation est alarmante et la volonté de mettre en oeuvre unesérie de mesures reliées au développement durable du ministre del’Environnement, monsieur Thomas Mulcair, n’ont rien pour rassurer cesderniers. Personne n’est opposé au principe du développement durable, dans lamesure où son application se fait dans un souci d’équilibre et de souplesse »,a signalé M. Paradis. A titre d’exemple, une analyse sommaire du projet de loino 113 sur la mise en valeur des produits du terroir laisse poindre une ajoutsignificatif à la pile de paperasses, qui est l’apanage de la réalité de nosfermiers.

L’ESB : un drame mal géré
Quelque 61 % des PME du Québec exploitant une ferme animale ont subi unimpact négatif majeur à la suite de la crise de l’ESB (vache folle).Concrètement, cela s’est traduit dans 85 % des cas par de fortes baisses desventes et des prix du marché, ainsi que par une hausse des frais d’inventaire(68 %) et un endettement accru (52 %).

Dans ce dossier, trois quarts des répondants qualifient de médiocre lerôle joué par les gouvernements. En outre, les agriculteurs leur reprochentdiverses carences dans la gestion de la sécurité alimentaire, la lenteur etl’insuffisance de l’aide publique, ainsi que la timidité des effortsdiplomatiques. Selon monsieur Paradis, « il importe que les autoritésgouvernementales tirent les leçons qui s’imposent de cette crise, afin qued’éventuels problèmes d’envergure soient opposés dès le départ à des effortsde résolution plus intenses et efficaces ».

Finalement, le rapport de la FCEI démontre que les agriculteurs québécoispoursuivent leurs actions de développement, lesquelles se traduisent par desdiversifications, de la spécialisation, des partenariats et des projetsd’expansion.

Le rapport de recherche intitulé « Nuage sur les PME agricoles » estdisponible sur le site Internet de la FCEI-Québec, au www.fcei.ca/quebec. Lesmarges d’erreur des deux sondages ont été respectivement de 6,6 % et de 9,1 %,19 fois sur 20.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) estl’association patronale qui défend les petites et moyennes entreprises d’iciet qui, par ses représentations auprès des gouvernements et des municipalités,leur permet de prospérer économiquement au bénéfice de l’ensemble des citoyenset citoyennes du Québec.

Association sans but lucratif dont les membres oeuvrent dans tous lessecteurs d’activités et dans toutes les régions du Québec, la FCEI est nonpartisane et son financement provient uniquement de l’adhésion de ses membres.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération canadienne de l?entreprise indépendante (FCEI)
http://www.fcei.ca/

Commentaires