La Fédération des producteurs de lait du Québec fête ses 25 ans

Québec (Québec), 9 avril 2008 – Le président de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ), Marcel Groleau, a profité de son allocution devant les participants à l’assemblée générale annuelle de l’organisme, à Québec, pour souligner le 25e anniversaire de la FPLQ. En effet, l’organisation est née en 1983 de l’union de la Fédération des producteurs de lait industriel et de la Fédération des producteurs de lait nature. « Nous célébrons 25 années de fondation, mais les racines de notreorganisation sont beaucoup plus anciennes et nous partageons un héritage trèsriche de réalisations solidaires et visionnaires. Au cours de ces 25 années,la capacité des producteurs de lait d’être innovateurs dans leur façon demettre en marché leurs produits permet aujourd’hui au Québec d’offrir le plusbeau plateau de fromages en Amérique et d’accéder au statut de leader canadiende la production de lait biologique » a affirmé M. Groleau.

« Le choix de favoriser les produits différenciés et artisanaux, nousl’avons fait il y a longtemps et concrétisé grâce aux nombreux outilsqu’offrent la gestion de l’offre et la mise en marché collective. Il s’agitd’une des plus belles démonstrations que notre modèle fonctionne » a indiqué leprésident de la FPLQ. Le Québec compte aujourd’hui plus de 350 variétés defromages. Depuis 2002, le nombre d’entreprises artisanales dans le secteurlaitier est passé de 34 à 53, une augmentation de près de 60 %. De plus, laFPLQ investit plus de 6 millions de dollars annuellement dans la promotion desfromages fins, notamment celle des fromages artisanaux.

Par ailleurs, le président de la FPLQ a lancé un message au gouvernementau sujet du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et del’agroalimentaire québécois (CAAAQ) alors que celle-ci dit vouloir favoriserle développement de circuits courts de distribution. « Le rapport Pronovost nes’attaque pas au principal obstacle identifié par la majorité desintervenants : l’accès aux consommateurs et aux grands réseaux dedistribution. Il faut trouver des moyens d’emmener davantage de produitsagricoles québécois sur les tablettes des épiceries, là où se trouventprincipalement les consommateurs. Il faut que ces produits soient bienidentifiés et soient offerts à des prix compétitifs. Un fromage vendu 14 $ lekilogramme par une fromagerie au distributeur est revendu 19 $ le kilogrammeau détaillant qui lui le revend 42 $ le kilogramme au consommateur. Ces margesexorbitantes prises par les intermédiaires ne sont pas de nature à favoriserla consommation de nos produits » a précisé M. Groleau.

Marcel Groleau affirme que si certains éléments de la vision proposée parla CAAAQ rejoignent celle des producteurs de lait, notamment l’importance defonder nos politiques agricoles sur la souveraineté alimentaire et de mettredavantage de produits québécois dans nos assiettes, le rapport démontre desérieuses lacunes dans les diagnostics et dans les solutions qu’il propose.« On ne peut pas poser un diagnostic crédible sur la situation de l’agriculturesans analyser les défis spécifiques à chaque secteur de production et on nepeut relever ces défis en appliquant des solutions mur à mur. Ce quifonctionne pour les producteurs de lait ne fonctionnera pas nécessairementpour les producteurs de porcs » a ajouté Marcel Groleau.

S’exprimant sur les négociations à l’OMC, M. Groleau a souligné larupture entre les pourparlers qui se tiennent en vase clos à Genève et laréalité du monde entier qui fait face à une flambée des prix des denréesalimentaires dont les conséquences sont dévastatrices pour les plus démunis.« Alors que certains pays se voient dans l’obligation d’imposer des taxes àl’exportation afin d’assurer l’alimentation de leur population, lesfonctionnaires à Genève continuent à parler d’abolir les protections liées àl’agriculture. Dans un tel contexte, la souveraineté alimentaire est sanscontredit l’alternative gagnante à long terme » a ajouté M. Groleau.

M. Groleau a finalement rappelé que le secteur laitier au Québec et auCanada se porte très bien en grande partie grâce à la gestion de l’offre et lamise en marché collective. « Notre modèle avantage autant les producteurs queles consommateurs. Il favorise une production locale d’aliments de qualité, àbon prix, et permet à des fermes familiales de vivre du marché, sans soutienfinancier de l’Etat » a-t-il conclu.

La Fédération des producteurs de lait du Québec représente les14 000 producteurs et productrices de lait et les 7 000 fermes laitières de laprovince. Les producteurs québécois livrent annuellement 2,8 milliards delitres de lait dont la vente totalise des recettes à la ferme de plus de2 milliards de dollars. La production laitière génère au Québec quelque61 000 emplois et plus de 3,6 milliards de dollars d’activité économique.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

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