La Fédération des producteurs de lait et l’UPA à la défense de la mise en marché collective

Longueuil (Québec), le 8 septembre 2000 – Devant une salle comble, remplie par quelques centaines de producteurs de lait de toutes les régions du Québec venus les appuyer, M. Jean Grégoire, président de la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) et M. Laurent Pellerin, président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), ont réclamé de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) qu’elle modifie sa décision sur la mise en place d’un mécanisme d’exportation.







Les représentants des producteurs ont exprimé qu’ils ne comprennent toujours pas la raison qui a motivé l’introduction de règles qui ne créent que l’iniquité entre les producteurs et entre les transformateurs.


Cette décision de la Régie, rendue le 28 juillet dernier, a créé deux canaux de commercialisation pour le lait d’exportation en conférant aux transformateurs coopératifs un rôle d’agent de vente du lait d’exportation des producteurs membres de coopératives. Ce rôle était jusqu’alors exclusivement réservé à la Fédération des producteurs de lait. La Régie a ainsi rendu une décision non conforme au Plan conjoint qui détermine les règles de mise en marché du lait au Québec et à la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche.

D’ailleurs, les représentants des producteurs ont exprimé qu’ils ne comprennent toujours pas la raison qui a motivé l’introduction de règles qui ne créent que l’iniquité entre les producteurs et entre les transformateurs. Ils ont par ailleurs souligné que la Régie a pour principale fonction de favoriser une mise en marché efficace et ordonnée des produits agricoles. Ils rejettent de plus l’affirmation de certains à l’effet que c’est la décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les exportations de produits laitiers canadiens qui a forcé la Régie a accorder ce privilège aux transformateurs coopératifs. « La décision de l’OMC ne justifiait d’aucune façon le statut privilégié accordé aux coopératives pour la commercialisation du lait d’exportation et elle n’a jamais remis en cause la mise en marché collective. », a déclaré le président de la Fédération des producteurs de lait, M. Jean Grégoire.

La relative « paix sociale » qui a permis depuis vingt ans à l’industrie laitière québécoise de se développer et d’occuper la place de leader canadien de cette industrie est brisée. La volonté maintes fois exprimée par une très grande majorité de producteurs laitiers à l’effet d’utiliser un canal unique pour la mise en marché de leurs produits n’a pas été respectée. II s’agit donc d’une décision lourde de conséquences pour le secteur laitier québécois.

« Pas seulement pour le secteur laitier, mais pour tous les producteurs agricoles du Québec », a ajouté le président de l’UPA, M. Laurent Pellerin, qui a rappelé que plusieurs secteurs de production utilisent le modèle de la mise en marché collective par le biais des plans conjoints, modèle qui repose essentiellement sur les principes d’équité et de transparence. La décision de la Régie risque d’avoir un effet d’entraînement et de susciter l’appétit de transformateurs qui souhaiteraient remettre en cause cet outil qui accorde aux producteurs un rapport économique équitable dans la négociation de leurs conditions de mise en marché.

MM. Pellerin et Grégoire ont profité de l’occasion pour déposer près de 4 000 cartes postales déjà reçues de producteurs qui appuient la démarche de la Fédération et de l’UPA et qui demandent que la mise en marché du lait destiné à l’exportation soit effectuée exclusivement par le biais d’un canal unique de commercialisation, garantie d’une mise en marché ordonnée, structurée et efficace. Cette campagne d’appui qui se poursuit actuellement a été lancée il y a un peu plus de deux semaines à l’occasion d’une assemblée générale d’urgence réunissant plus de 2 000 productrices et producteurs de lait à Drummondville.

Tous les producteurs du Québec attendront avec impatience l’orientation que prendra la Régie à la suite de ces audiences qui se déroulent ironiquement au même endroit que celles tenues il y a 22 ans au moment où le chaos existant dans le secteur laitier avait nécessité son intervention.

Le lait était alors commercialisé par l’entremise de plusieurs organismes de mise en marché, eux-mêmes souvent en conflit de juridiction avec les coopératives. La situation était alors tellement chaotique que la Régie des marchés agricoles avait décidé de tenir des audiences sur la suspension éventuelle des plans conjoints. La solution était finalement venue des associations de producteurs et des coopératives elles-mêmes à l’issue d’une longue médiation. Les parties avaient unanimement convenu de fusionner tous les organismes et tous les plans conjoints existants pour confier à la Fédération actuelle la responsabilité de la mise en marché de tout le lait de tous les producteurs par l’entremise d’un seul plan conjoint, et d’un seul canal de commercialisation.

Rappelons en terminant que la Fédération des producteurs de lait du Québec représente les quelque 9 300 fermes laitières québécoises et négocie pour elles toutes les conditions de mise en marché du lait avec les représentants des industriels laitiers. Les producteurs québécois livrent annuellement plus de 2,9 milliards de litres dont la vente totalise des recettes à la ferme d’environ 1,6 milliard de dollars. A eux seuls, les producteurs québécois génèrent plus de 26 000 emplois directs à la ferme et sont à la source de plus de 30 000 emplois directs et indirects pour un total de 56 000 que fournit l’industrie laitière québécoise.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des Producteurs de Lait du Québec

http://www.lait.org

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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