La GB résiste au ralentissement mondial et affiche une santé solide

Londres (Angleterre), 26 octobre 2001 – La Grande-Bretagne fait preuve d’une belle résistance dans un contexte de ralentissement économique mondial, en affichant une croissance pour le troisième trimestre meilleure que prévu, qui pourrait la placer en tête des pays du G7 pour 2001.

Mais les analystes soulignent que les chiffres du troisième trimestre ne reflètent pas encore vraiment l’impact des attentats américains sur l’économie britannique et ils s’attendent à un ralentissement de la croissance.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,6% au troisième trimestre 2001 par rapport au trimestre précédent, selon les chiffres publiés vendredi par l’Office national des statistiques (ONS). En glissement annuel, le taux de progression est de 2,2%.

Ces chiffres sont heureusement surpris les économistes, qui tablaient sur une hausse comprise entre 0,4 et 0,5% sur le trimestre et entre 2 et 2,1% sur l’année.

Au deuxième trimestre, la croissance s’était élevée à 0,4% sur le trimestre et à 2,3% sur l’année.

La livre sterling s’est nettement raffermie après l’annonce de ces chiffres, passant au-dessus du seuil des 1,43 dollar. Elle s’échangeait à 1,4308 dollar à la mi-journée, contre 1,4289 vers 08H00 GMT.

« C’est un chiffre (de croissance) impressionnant. La Grande-Bretagne a fait mieux que les autres pays du G7 au premier semestre et il semble que cela soit aussi le cas au troisième trimestre », a relevé John Butler, économiste chez HSBC.

« Nous allons afficher le meilleur taux de croissance cette année et l’année prochaine » parmi les sept pays les plus industrialisés de la planète (G7), a renchéri George Buckley, de la Deutsche Bank (Paris: 12804.PA – actualité) . Il table sur une hausse du PIB de 2,3% en Grande-Bretagne pour 2001 (contre notamment 1% aux Etats-Unis et 1,4% pour les pays de la zone euro).

Parmi les raisons expliquant les bonnes performances du pays figure notamment la consommation des ménages, soutenue par un faible taux de chômage (au plus bas depuis 26 ans), des taux d’intérêts bas et un marché immobilier en hausse (facteur clé en Grande-Bretagne), a expliqué George Buckley.

L’Office des statistiques a ainsi souligné que le secteur des services avait continué de progresser, avec une hausse de 0,8% sur le trimestre et de 3,5% sur l’année. Au sein de ce secteur se sont particulièrement distingués la distribution, l’hôtellerie et la restauration (+1,3% sur le trimestre).

La construction et l’agriculture ont également progressé. « Quant à la production industrielle, elle est très faible, mais on le savait déjà », a noté l’économiste de la Deutsche Bank.

Le secteur des industries de production devrait en effet avoir enregistré une baisse, selon l’ONS, qui précise que l’industrie manufacturière (et notamment les hautes technologies, l’équipement optique et électrique), le gaz et l’eau ont affiché « un petit recul ».

L’industrie manufacturière britannique est en récession depuis le deuxième trimestre.

Mais Daniel Kaye, économiste au cabinet de consultant Capital Economics, a relevé que le PIB publié vendredi avait été élaboré sur la base de données reflétant la situation économique « avant le 11 septembre ».

« Les chiffres trimestriels du PIB sont toujours plus influencés par les premiers mois du trimestre que par le dernier », a souligné George Buckley.

Bien que la Grande-Bretagne semble bien placée pour faire face sans trop de dommage au ralentissement économique mondial, sa croissance au quatrième trimestre devrait s’affaiblir, ont estimé les économistes, qui tablent sur une croissance trimestrielle de 0,2 à 0,3% sur les trois derniers mois de 2001.

La Banque d’Angleterre pourrait donc se résoudre à baisser une nouvelle fois ses taux d’intérêt, pour la septième fois de l’année.

Source : AFP

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