La gestion de l’eau, une situation urgente

La gestion de l’eau, une situation urgente

Sécheresse, inondation, manque d'eau potable: tous ces exemples sont quelques facettes de la crise de l'eau qui se profile, avertit l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui a fait part mardi de son plus récent rapport. Réalisé en collaboration avec d’autres institutions internationales, d’organismes de développement et d’instituts scientifiques, le rapport dresse un portrait sur la situation des services climatologiques 2021: l’eau.

Selon l'OMM, il est nécessaire « d'améliorer la surveillance et la gestion de l'eau ainsi que les alertes précoces correspondantes pour faire face à l'augmentation des aléas hydrologiques et du stress hydrique ».

Or, « la gestion, la surveillance, les prévisions et les alertes précoces dans le domaine de l’eau sont parcellaires et inadaptées, tandis que les financements alloués au niveau mondial à l'action climatique restent insuffisants », rapporte l'organisme.

l’OMM souligne « qu’il faut agir de toute urgence pour améliorer la gestion coopérative de l’eau, adopter des politiques coordonnées sur l’eau et le climat et accroître les investissements dans ce bien précieux, sur lequel reposent tous les objectifs internationaux en matière de développement durable, d’adaptation aux changements climatiques et de prévention des catastrophes ».

Ces 20 dernières années, selon le rapport, le stockage de l’eau dans les terres (à la surface du sol et dans le sous-sol – humidité du sol, neige et glace incluses) a diminué d’un centimètre par an. Les pertes les plus importantes se produisent en Antarctique et au Groenland, mais de nombreuses zones très peuplées situées à des latitudes plus basses connaissent des pertes significatives dans des endroits qui assurent habituellement un approvisionnement en eau, ce qui a des conséquences majeures pour la sécurité hydrique.

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Tendances du stockage de l'eau dans les terres ces 20 dernières années (2002-2021). Les zones en rouge sont celles qui ont connu une importante perte de masse d'eau pendant cette période. Ces zones sont les plus touchées par le changement climatique et/ou les activités humaines. Elles incluent aussi le Groenland et l'Antarctique, qui n’ont pas été représentés sur la carte, car leurs tendances à la perte de masse d'eau sont si importantes qu'elles éclipsent les tendances des autres masses d'eau continentales.

La situation s’aggrave du fait que l’eau douce utilisable et disponible ne représente que 0,5 % de l’eau présente sur Terre.

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La fréquence des aléas hydrologiques a augmenté ces 20 dernières années. Depuis 2000, le nombre de catastrophes liées aux inondations a augmenté de 134 % par rapport aux deux décennies précédentes. C’est en Asie, là où les systèmes d’alerte de bout en bout pour les crues fluviales doivent être renforcés, que l’on a enregistré la plupart des décès et des pertes économiques liés aux inondations, ajoute l'OMM. Le nombre et la durée des sécheresses ont également augmenté de 29 % au cours de cette même période.

Pour réduire le nombre de catastrophes hydrologiques et soutenir la gestion des ressources en eau, l'OMM recommande de mettre en place « des services climatologiques destinés au secteur de l'eau et des systèmes d'alerte précoce de bout en bout, et engager des investissements de façon durable. Ces services, systèmes et investissements ne sont pas encore suffisants ».

Environ 60 % des services météorologiques et hydrologiques nationaux, soit les organismes publics nationaux chargés d’offrir des informations hydrologiques de base et des services d'alerte aux gouvernements, au grand public et au secteur privé, ne disposeraient pas de toutes les capacités nécessaires pour fournir des services climatologiques à destination du secteur de l'eau.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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