La grippe aviaire gagne du terrain et se diversifie

Paris (France), 16 mars 2006 – Chien errant en Azerbaïdjan, buse au Danemark: en même temps qu’elle gagne du terrain, la grippe aviaire se diversifie et touche de plus en plus d’espèces animales différentes, multipliant les risques de propagation du virus.

En Azerbaïdjan, un virus de la grippe aviaire a été identifié sur un chien errant retrouvé mort dans les faubourgs de Bakou.

Le ministre de l’Agriculture a confirmé jeudi qu’il s’agissait d’un virus de type A, famille à laquelle appartient le redoutable H5N1, mais qu’il n’a pas été possible de l’identifier avec plus de précision.

Au Danemark, les autorités ont annoncé jeudi l’indentification d’un premier cas de H5N1, celui d’une buse trouvée morte dimanche dernier sur une plage, au sud de Copenhague.

Le virus H5N1 poursuivant sa progression sur la planète, les Etats-Unis semblent résolus à prendre la menace au sérieux, un rapport officiel soulignant le risque qu’il est susceptible de poser à la sécurité nationale.

La crainte d’une épidémie s’est encore un peu précisée jeudi en Israël, où plusieurs centaines de volailles ont été découvertes mortes dans un kibboutz, et en République démocratique du Congo, où le même scénario s’est déroulé dans trois provinces.

Dans les deux cas, des vérifications sont en cours. En revanche, dans trois pays asiatiques, Afghanistan, Birmanie et Malaisie, de nouveaux foyers de la maladie ont été annoncés jeudi.

En Afghanistan, pays démuni où les volailles font partie du quotidien, la présence du virus est considérée comme un désastre.

Le gouvernement afghan a annoncé l’abattage des oiseaux atteints, la fermeture et la désinfection des marchés, le versement de compensations aux paysans lésés ainsi qu’une campagne de sensibilisation de la population. Les autorités redoutent cependant une extension du virus à travers le pays, soulignant que 85% des Afghans possèdent des volailles.

La Malaisie, qui a vu le mois dernier le retour du virus sur son territoire après un an d’absence, a, elle aussi, fait état jeudi d’un nouveau foyer de contamination au virus H5N1, comme la Birmanie, où le virus a été déclaré présent jeudi, et où les autorités ont assuré vouloir coopérer avec les organisations internationales pour endiguer la maladie.

Des mesures de prévention continuent d’être prises dans les pays touchés ou menacés, mais varient selon leur richesse.

En Inde, plus de 17 000 volailles ont été abattues dans l’Etat indien du Maharashtra où un nouveau foyer grippal a été découvert mardi, tandis qu’aux Pays-Bas, où aucun cas de grippe aviaire n’a encore été recensé, les éleveurs de volailles vont vacciner leurs volailles, comme l’avait déjà fait la France.

Dans certains pays comme l’Algérie, pays encore indemne de toute contamination, mais se trouvant sur le chemin des oiseaux migrateurs, la psychose a déjà ruiné nombre d’aviculteurs.

Ces éleveurs accusent les médias, notamment les télévisions étrangères captées par parabole, d’avoir amplifié le risque et provoqué la crainte des acheteurs.

Après des semaines de baisse, le prix du poulet sur les marchés algériens a commencé à remonter, passant ces derniers jours, de 90 à 180 dinars (un à deux euros) le kilo. Toutefois, selon l’Union nationale des agronomes algériens, le mal est déjà fait: la consommation de volailles a chuté de 70%, faisant perdre 200 millions de dollars aux aviculteurs, menaçant d’en ruiner 200 000 et de mettre sur le carreau 400 000 salariés.

En France, où la psychose est moindre, le battage médiatique est jugé excessif par 70% des habitants, qui sont presque autant à considérer, ressort-il d’un sondage, que le meilleur moyen d’être solidaire des éleveurs est de continuer à manger du poulet.

Paradoxalement, en Azerbaïdjan, où trois personnes viennent de mourir de la grippe aviaire, la confiance règne aussi: aux yeux des habitants, cette maladie est une « mystification ». Conséquence, presque tous refusent d’abattre leurs volailles, comme l’ont pourtant ordonné les autorités.

En Suisse, l’apparition de nouveaux cas a coïncidé jeudi avec un appel, tout à fait inhabituel, du groupe pharmaceutique Roche aux gouvernements, pour les inciter à constituer des stocks dans l’éventualité d’une épidémie.

Le laboratoire se fait fort d’augmenter d’un tiers sa capacité de production du Tamiflu, le seul antiviral considéré comme efficace contre la grippe d’origine aviaire chez l’homme et dont la production passera de 300 à 400 millions de traitements d’ici la fin de l’année.

Source : AFP

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