La Pologne est le 9e pays de l’Union européenne frappé par l’épizootie de H5N1

Varsovie (Pologne), 6 mars 2006 – Le virus H5N1 de la grippe aviaire, transmissible à l’homme et potentiellement mortel, a frappé à son tour la Pologne avec la confirmation du premier cas décelé chez deux cygnes trouvés morts dans le nord du pays.

Le laboratoire national de Pulawy (est), qui est le seul habilité en Pologne pour détecter la grippe aviaire, a confirmé la présence du virus hautement pathogène H5N1 chez les oiseaux découverts la semaine dernière sur les bords de la Vistule à Torun (nord).

« Oui, nous avons confirmé qu’il s’agit bien du virus H5N1. Nous suivons toutes les procédures en vigueur dans l’Union européenne. Les échantillons seront maintenant examinés par le laboratoire britannique de référence à Weybridge », près de Londres, a déclaré à l’AFP le directeur adjoint du laboratoire de Pulawy, Jan Zmudzinski.

La Pologne est désormais le 9e pays de l’UE frappé par l’épizootie de H5N1.

Dès dimanche, une zone de protection de 3 km, et celle d’observation de 10 km, ont été instaurées autour de l’endroit où les cygnes morts avaient été trouvés au bord de la Vistule. Les boulevards le long du fleuve ont été fermés à la circulation, dans cette ville de 200 000 habitants.

« Sur les routes de sortie de la ville, quatre tapis de désinfection ont été installés et cinq autres sont en préparation. Les désinfectants sont distribués aux fermiers », a indiqué lundi à la télévision privée TVN24 un responsable des pompiers de la ville, Pawel Fraczak.

Outre les deux cygnes morts du virus H5N1, plusieurs autres échantillons d’oiseaux morts dans la région de Torun, examinés samedi par le laboratoire de Pulawy « ont donné le résultat négatif », a précisé M. Zmudzinski.

Au total, le laboratoire a examiné depuis le 10 janvier plus de 500 oiseaux morts dans différentes régions de Pologne, a-t-il précisé.

Plusieurs cas de virus de la grippe aviaire avaient été détectés ces derniers jours en Allemagne, y compris à proximité de la frontière polonaise, ainsi qu’en Slovaquie voisine.

La Pologne avait déjà ordonné à la mi-février le confinement général de toutes les volailles, même celles appartenant à des particuliers.

Une ordonnance du ministère de l’Agriculture a imposé une « obligation d’enfermer les oiseaux ou, au moins de les tenir dans un enclos couvert, protégé par un grillage ». En Pologne, plus de 80% des fermes élèvent leurs volailles à l’extérieur.

Dans la région de Torun, il y a quatre fermes de volailles dont l’une dans la zone infectée, selon les autorités locales. Les services sanitaires et gardes municipales recensaient depuis dimanche les volailles chez des petits fermiers de la région, pour les sommer d’enfermer leurs oiseaux.

« Le plus grand problème avec les petits fermiers, c’est leur blocage psychologique. Ils n’imaginent pas le danger présenté par leurs quatre ou cinq poules et rechignent à suivre les consignes », a déploré lundi Krzysztof Jazdzewski, le chef des services vétérinaires polonais.

Le ministre de la Santé Zbigniew Religa a tenté de rassurer lundi les Polonais sur les risques pour les humains.

« Pour les hommes, la possibilité de contracter le virus est proche de zéro », a-t-il affirmé à la télévision privée TVN24.

Le Premier ministre polonais Kazimierz Marcinkiewicz, qui s’était rendu dimanche à Torun, a répété que la Pologne « était préparée à faire face à la situation ».

« Nous avons appliqué dès le début les procédures prévues pour le virus H5N1, si bien que la confirmation venue du laboratoire de Pulawy n’y change rien, pas plus que celle attendue de Londres dans les deux ou trois prochains jours », a-t-il déclaré lundi à la radio publique.

M. Marcinkiewicz a assuré que son gouvernement était « préparé pour verser d’éventuels indemnisations » aux propriétaires des fermes de volailles.

Source : AFP

Commentaires